Télévision
Applications : comment le secteur de la télévision américaine tente de rentabiliser un marché encore naissant
Date: 13/09/2011
Selon le groupe d’analyse Forrester Research, 26 millions d’Américains possèderont une tablette numérique d’ici la fin de l’année 2011 et, selon SNL Kagan, 122,2 millions auront un smartphone. Pour le groupe de recherche en nouvelles technologies Gartner, 17,7 milliards d’applications auront été téléchargées dans le monde d’ici le début de l’année 2012, soit plus du double du chiffre pour 2010. D’ici 2015, le groupe prédit que 185 milliards de téléchargements auront été effectués, ce qui fait une moyenne de 26 applications pour chacun des 7 milliards d’habitants de la planète. Les chiffres sont importants, mais ils ne reflètent pas le chiffre d’affaires généré par le marché des applications. Selon le cabinet d’analyse Yankee Group, le marché américain des applications n’a généré qu’1,6 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2010, un chiffre qui devrait atteindre 11 milliards de dollars en 2014. Mais selon SNL Kagan, le secteur de la télévision aux Etats-Unis ne devrait toucher qu’une faible partie de ces revenus. Le montant des recettes publicitaires généré par ces applications reste en effet limité. PricewaterhouseCoopers estime que les dépenses en publicités pour mobile dans le secteur de la télévision atteindront 532 millions de dollars en 2011, pour atteindre 1,4 milliard en 2015 : une goutte d’eau pour le marché de la télévision. Certains acteurs, comme la chaîne sportive ESPN, Disney/ABC Television Group, CNN et The Weather Channel parviennent à tirer leur épingle du jeu et à rentabiliser leurs investissements dans le domaine du mobile. SNL Kagan place ESPN en tête de cette liste et estime à 53,6 millions de dollars les revenus que le groupe devrait engranger en 2011, grâce à son activité mobile, contre 36,7 millions en 2008. Cependant, même les sociétés qui réussissent dans ce secteur admettent qu’elles doivent faire face à de nombreuses difficultés, la principale étant la rapidité d’évolution de ce marché. - La prolifération des appareils mobiles : un coût supplémentaire L’une des manifestations de cette évolution très rapide est la prolifération des appareils mobiles (Smartphones, tablettes, etc.). La plupart des développeurs d’applications concentrent leurs efforts sur les plateformes d’Apple, qui dominent toujours le marché des applications et devraient engranger 76% du chiffre d’affaires des app stores en 2011, selon IHS Screen Digest. Toutefois, Android de Google est désormais le système d’exploitation pour smartphone le plus répandu aux Etats-Unis, puisque, selon Nielsen, sur la période Février – Avril 2011, il contrôlait 36% du marché américain contre 26% pour iOS d’Apple et 23% pour RIM de Blackberry. D’autre part, plus de 75 nouvelles tablettes ont été présentées au Consummer Electronics Show de Las Vegas au mois de janvier (Lire l'article Bilan du Consumer Electronics Show 2011 du 18 janvier 2011) et selon une étude récente de Strategy Analytics, les tablettes utilisant le système d’exploitation Android dominaient déjà 30% de ce marché au deuxième trimestre 2011. Ces chiffres reflètent une demande croissante pour les appareils mobiles. Toutefois, la difficulté pour les développeurs réside dans le fait que la plupart de ces appareils fonctionnent grâce à des systèmes d’exploitation qui ne sont pas compatibles. L’adaptation à ces différents systèmes peut représenter un coût important. Ainsi, The Weather Channel a plus de 500 appareils fonctionnant en permanence dans son laboratoire, afin de vérifier que tous supportent ses applications, qui ont été téléchargées plus de 53 millions de fois. Au cours d’une conférence à New York, au mois de mars 2011, Natalie Farsi, Head of Mobile chez Warner Bros. Digital Distribution & Warner Bros. TV Group admettait que la multiplication des appareils et la volonté d’être présent sur la majorité d’entre eux, était une véritable difficulté pour le groupe (Lire l'article Conférence Digital Hollywood New York City (9-10 mars 2011) : Applications du 15 avril 2011). Les coûts varient énormément, et ils peuvent donc être considérables. Selon Cameron Clayton, Executive Vice President of Digital Product chez The Weather Channel : « Pour développer une application qui supporte 20 à 40 millions de visiteurs uniques par mois, il faut faire un investissement à 7 chiffres ». Des investissements de ce type sont envisageables pour un groupe comme The Weather Channel, dont les applications enregistrent près de 100 000 téléchargements par jour. Mais cela peut représenter un obstacle pour des producteurs ou des groupes télévisés aux moyens plus limités. Le nombre d’applications disponibles sur les principaux app stores, à savoir près d’un million à l’heure actuelle, représente également un défi pour les développeurs et les sociétés. Une étude de MTV Networks révélait récemment que seulement 11% des applications développées dans le domaine de la télévision avait plus d’un an d’espérance de vie. 38% d’entre elles disparaissent trois semaines après leur lancement. - A la recherche du bon modèle économique Les modèles économiques varient également beaucoup. A l’heure actuelle, la plupart des sociétés proposent un mélange d’applications gratuites avec publicités et d’applications payantes, ces dernières impliquant généralement des jeux ou du contenu premium. En ce qui concerne le secteur de la télévision, l’objectif des producteurs est de toucher le public le plus large possible, afin de promouvoir le programme diffusé à la télévision et les sponsors qui y sont attachés. Le modèle choisi est donc celui de l’application gratuite avec publicités. C’est le cas notamment des applications d’ABC liées à la série Grey’s Anatomy. D’autres ont changé de modèle en cours de route, comme la chaîne CNN, qui a transformé son application payante, lancée en septembre 2009, en application gratuite, au mois de décembre 2010, et a vu ainsi le nombre de téléchargements dépasser la barre des 10 millions au mois de juillet 2011. La définition du bon modèle économique pour le marché des applications est également entravée par l’absence d’un moyen efficace pour mesurer l’utilisation des applications. Les systèmes de mesure sont encore limités et, selon les professionnels du secteur, la situation ne devrait pas évoluer avant au moins un an. Pour Zander Lurie, Senior Vice President of Strategic Development de CBS, un système de mesure est nécessaire pour faire passer les applications du domaine de l’expérimentation à celui d’un marché lucratif. L’autre question importante, selon lui, est celle des fenêtres de visionnage. Comme il le souligne, les professionnels de la télévision doivent être vigilants, afin d’éviter que le contenu proposé sur appareils mobiles ne porte atteinte au secteur, bien plus lucratif pour eux, de la télévision en linéaire. - La TV Everywhere comme solution aux questions de la VOD sur mobile Une des solutions envisagées par le secteur de la télévision afin de remédier au problème des fenêtres de visionnage est le système de TV Everywhere : les abonnés à une offre de télévision payante, Comcast par exemple, ont un identifiant qui leur permet de se connecter à une plate-forme sur Internet leur donnant accès à une offre de contenu importante, en provenance des chaînes câblées. Au mois de juillet 2011, l’opérateur n°1 du câble aux Etats-Unis comptait 8 millions d’abonnés à son service sur Internet baptisé Xfinity, auxquels il propose 185 000 programmes en provenance de plus de 100 chaînes de télévision. Toutefois, cette offre, qui est actuellement accessible sur Internet, est plus difficile à mettre en place sous la forme d’une application. Ainsi, l’application Xfinity TV App de Comcast, accessibles sur les tablettes équipées des systèmes d’exploitation Android et Apple, ne proposent qu’environ 7 000 programmes. Matt Strauss, senior VP/General Manager de Comcast Interactive Media, souligne cependant que la quantité de contenu disponible est en constante augmentation et que l’application a été téléchargée 2,5 millions de fois depuis son lancement au mois de novembre 2010. Ce type d’application est intéressant pour les professionnels de la télévision payante. Cela permet de renforcer les accords déjà existants entre chaînes et opérateurs du câble, de préserver, voire d’accroître, le montant des frais de diffusion reversés par les opérateurs aux chaînes et d’augmenter les revenus publicitaires. Les premières applications de type TV Everywhere ont été développées par ESPN, ESPN Watch, AT&T, U-verse Mobile 2.0 (Lire l'article “TV Everywhere” sous la forme d’une nouvelle application pour iPhone du 24 août 2010) et HBO, HBO Go (Lire l'article HBO GO : le nouveau site Internet pour visionner séries et films de HBO du 17 février 2010). Cette dernière a été téléchargée près de 4 millions de fois depuis son lancement au mois de février 2011 et elle est maintenant proposée par des opérateurs de télévision payante représentant 80% des abonnés de HBO. Time Warner Cable et Cablevision sont les deux seuls opérateurs majeurs à ne pas proposer ce service à leurs abonnés. En revanche, Time Warner Cable a lancé au printemps 2011 une application permettant à ses abonnés de regarder à domicile, sur leur iPad, certaines chaînes du câble. Initialement 32 chaînes étaient prévues, une partie seulement des chaînes du bouquet offert par TWC, dont Discovery Channel et Fox News Channel. Toutefois, suite aux plaintes déposées par trois entreprises importantes du monde des médias – Viacom, Discovery Communications et News Corporation – le câblo-opérateur a retiré de son offre plusieurs chaînes dont MTV et FX. Pour ces entreprises, l’application lancée par TWC est une violation des termes du contrat de diffusion passé avec eux, puisque le câblo-opérateur n’a pas payé les droits relatifs à la diffusion des chaînes sur des appareils portables (Lire l'article Time Warner Cable retire des chaînes de son application iPad du 15 avril 2010). Au mois de juillet 2011, CNN a également amélioré son application en ajoutant la possibilité, pour les abonnés à un service de télévision payante ayant un accord avec CNN, d’accéder en direct à des journaux de la chaîne. Cela lui permet de toucher près de 50 millions de foyers, chiffre qui, selon CNN, devrait passer à 70 millions dans les prochains mois. - La question des fenêtres de diffusion Ces différentes applications soulèvent la question des fenêtres de diffusion. Afin de promouvoir à la fois ses programmes et son application HBO Go, HBO a proposé à ses abonnés, à la fin du mois de juin 2011, de visionner le deuxième épisode de la quatrième saison de la série True Blood sur HBO Go une semaine avant même sa diffusion à la télévision. Les téléspectateurs ont ainsi été incités à regarder le 1er épisode sur leur téléviseur et à suivre le 2ème sur HBO Go. En général, les diffuseurs préfèrent cependant suivre un schéma plus classique consistant à proposer un épisode en VOD 24h après sa diffusion en linéaire sur la chaîne. Avec le temps, les offres de type TV Everywhere pourraient cependant avoir un impact non négligeable sur les fenêtres de diffusion. Ainsi, depuis le 15 août 2011, Fox a profondément transformé le mode d’accès aux épisodes de ses séries. Alors que les épisodes étaient jusqu’alors accessibles gratuitement sur Hulu et Fox.com le lendemain de leur diffusion sur la chaîne Fox, ils ne seront désormais accessibles sur ces mêmes supports que 8 jours après leur diffusion. Les téléspectateurs souhaitant accéder aux épisodes avant ce délai devront être abonnés à une offre de télévision payante ayant un accord avec Fox ou au service payant Hulu Plus. Au-delà des applications de type TV Everywhere, les professionnels de la télévision s’intéressent également aux applications d’accompagnement, aussi appelées second-screen ou coviewing apps, susceptibles d’offrir des possibilités de services interactifs et de véhiculer des publicités. Ces applications permettent en effet au téléspectateur d’avoir un deuxième écran, une tablette ou un smartphone, lui donnant accès à un chat, un réseau social, des informations supplémentaires, et autres bonus concernant le programme qu’il est en train de regarder. MTV Networks, NBC, ESPN, the Weather Channel et Disney/ABC ont déjà développé ce type d’applications. Deux des applications développées par ABC, celle présentant les coulisses des Oscar (Oscar Backstage Pass app) et celle concernant la série Grey’s Anatomy, ont récemment été nominées aux Emmy Awards dans la catégorie Outstanding creative achievement in interactive media. Selon Albert Cheng, Executive Vice President, Digital Media, pour Disney/ABC Television Group, « l’iPad pourrait tout-à-fait transformer la manière avec laquelle nous envisageons l’interactivité et pourrait fournir à la télévision interactive une plateforme attrayante pour les consommateurs ». Toutefois, il reste prudent, car ces applications, pour fonctionner correctement, requièrent énormément de temps et de moyens. Ce constat est applicable à tout le secteur des applications en général. D’autre part, le développement des applications vidéo pourrait mener à un encombrement de la bande passante. Ainsi, le cabinet d’analyse Cisco a récemment annoncé que la consommation de vidéo sur Internet aux Etats-Unis passerait de 1 625 petabytes (1 petabyte = 1015 bytes) par mois en 2010 à 3 039 petabytes en 2011 et 8 130 petabytes en 2015. Les opérateurs vont donc devoir faire d’importants investissements en matière d’infrastructures afin, notamment, de coder, stocker et de faire circuler le contenu proposé par les applications. The New TV App Economy: The Buzz Meets the Bottom Line, de George Winslow, Broadcasting & Cable, 8 août 2011 Pour en savoir plus sur les applications : Conférence Digital Hollywood New York City (9-10 mars 2011) : ApplicationsGéraldine Durand
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Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis
[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"]
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Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne.
Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années.
Modèles de distribution utilisés :
Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010.
La console de jeu vidéo
La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer.
La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live.
Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console.
Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés
Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année.
Les boîtiers
Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur.
Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002).
Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes.
Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées :
La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ».
Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet.
Conclusion :
Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015.
D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé.
Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près.
Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu.
Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.
Géraldine Durand

Une Réaction
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