Télévision
L’avenir de Netflix est dans les programmes de télévision
Date: 03/11/2011
[caption id="attachment_7637" align="alignright" width="230" caption="Netflix sur iPad"]
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L’investissement nécessaire pour acquérir des films étant en constante progression et l’industrie du cinéma faisant toujours preuve d’une certaine frilosité en matière de cession de droits de diffusion en streaming, le marché de la télévision apparaît de plus en plus comme une des clés du succès de Netflix.
En effet, les coûts d’acquisition de films pour une diffusion en streaming ont beaucoup augmenté depuis l’accord que Netflix avait signé avec Starz de Liberty Starz Group il y a quelques années et qui avait aidé la compagnie de location de DVD à lancer dans une offre de streaming. A l’époque, pour 30 millions de dollars par an, Netflix avait accès à plus de 1000 titres de films.
C’est la somme que Netflix doit maintenant payer pour un seul titre, comme cela est prévu, par exemple, par l’accord signé au mois de septembre avec DreamWorks Animation : Netflix paiera environ 30 millions de dollars par titre à partir de 2013 afin d’acquérir les droits exclusifs de diffusion des films dans la fenêtre traditionnellement réservée à la télévision payante.
Certes, l’accord signé récemment avec les propriétaires de The CW (CBS et Time Warner Cable) s’élève à environ 1 milliard de dollars, mais il concerne la diffusion en streaming de près de 700 heures de programmes du network (Lire Accord The CW – Netflix : une première pour les deux sociétés, Médiamérica, 01 novembre 2011). La valeur de chaque épisode varie donc entre 150 000 et 700 000$, en fonction du succès de la série et de son heure de diffusion.
Les droits de diffusion en streaming des programmes de télévision sont très inférieurs à ceux des films de cinéma. 2 épisodes de la série Mad Men coûtent à Netflix environ 2 millions de dollars pour 2h de programmes, alors que pour acquérir un film de la même durée, la société doit dépenser 30 millions de dollars.
Ted Sarandos, Chief Content Officer de Netflix, a annoncé au MIPCOM au mois d’octobre à Cannes que 60% des programmes visionnés en streaming sont des séries télévisées.
Afin de répondre à cette demande, Netflix a fortement accru son offre en séries télévisées. Entre le mois de janvier et le mois de septembre 2011, le nombre de ses programmes télévisés disponibles en streaming est passé de 477 à 1080 (ce chiffre ne comprend pas chaque épisode pris individuellement, mais le nombre de séries), alors que le nombre de films disponibles est passé de 8 950 à 9 342. Cette démarche d’acquisition est d’autant plus nécessaire pour Netflix que son catalogue en streaming sera fortement réduit quand l’accord avec Starz prendra fin au mois de février 2012. En effet, la société a annoncé, au mois de septembre, que celui-ci ne serait pas renouvelé (Lire Netflix perd Starz et près de 1000 titres disponibles en streaming, Médiamérica, 14 septembre 2011).
Toutefois, Netflix doit faire face à un concurrent puissant en matière de télévision, Hulu, qui a un accès bien plus facile aux séries télévisées, puisque le site Internet de VOD est la propriété de producteurs de contenu majeurs, que sont News Corps., Walt Disney Co. et NBC Universal Media (propriété de Comcast).
La vente d’Hulu, programmée au début de l’été (Lire Le site de VOD Hulu mis en vente, Médiamérica, 07 juillet 2011), a récemment été annulée (Lire Le marché de l’entertainment aux Etats-Unis : évolution et stratégie des principaux acteurs en matière de vidéo à la demande, Médiamérica, 12 octobre 2011), et ses propriétaires ont décidé de développer son offre. Le catalogue télévision de Hulu est plus important que celui de Netflix, mais sa croissance a été plus lente, puisqu’entre le mois de janvier et le mois de septembre, il est passé de 1 156 à 1 457 titres.
D’autre part, Hulu n’a pas besoin de dépenser de grosses sommes pour acquérir du contenu, puisque la société obtient la plupart des programmes télévisés gratuitement, grâce à ses propriétaires. Netflix a cependant la possibilité d’acquérir un contenu de meilleure qualité, et en plus grand nombre, ce qui est sans aucun doute un argument de poids pour le consommateur.
Source: Netflix’s future is in TV, de Parkin Di Grazia, SNL Kagan
Géraldine Durand
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Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis
[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"]
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Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne.
Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années.
Modèles de distribution utilisés :
Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010.
La console de jeu vidéo
La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer.
La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live.
Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console.
Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés
Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année.
Les boîtiers
Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur.
Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002).
Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes.
Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées :
La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ».
Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet.
Conclusion :
Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015.
D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé.
Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près.
Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu.
Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.
Géraldine Durand

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1 - L’avenir de Netflix est dans les programmes de télévision | Video_Box | Scoop.it | 03.11.11
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