Télévision

Conférences du Festival DOC NYC : ce que recherchent les chaînes de télévision américaines en matière de documentaires

Date: 13/12/2011



Festival DOC NYC

Un débat intitulé The State of TV, organisé le 2 novembre à New York au cours de la deuxième édition du festival de documentaires DOC NYC, a réuni des représentants de plusieurs chaînes de télévision américaines diffusant régulièrement des documentaires.

Animé par Peter Hamilton, rédacteur du blog DocumentaryTelevision.com et dirigeant du cabinet de consulting Peter Hamilton Consultants, spécialisé dans le conseil en matière de développement, production et marketing de contenu télévisé, la discussion a notamment porté sur le type de documentaires recherchés par les chaînes de télévision américaines.

Sara Berntsein, VP of documentary programming chez HBO, a notamment souligné que la chaîne premium du câble recherchait des documentaires présentant un sujet par le biais d’un personnage (pas nécessairement célèbre) et offrant un point de vue particulier sur un sujet et qui va attirer l’attention de la presse et du public. HBO étant une chaîne payante, il est important pour elle de proposer à ses abonnés des documentaires qui leur font vivre une expérience unique.

La chaîne diffuse en moyenne 30 à 40 documentaires par an, même si elle est montée à 50 en 2011. La moitié est constituée de commandes adressées à des réalisateurs expérimentés et l’autre moitié est composée d’acquisitions. HBO co-produit quelques documentaires étrangers, comme récemment Marathon Boy de la réalisatrice britannique Gemma Atwal. La société travaille également avec de jeunes réalisateurs peu connus, mais ces derniers doivent déjà disposer d’extraits de leur travail (10 à 20 minutes) à montrer lors de la présentation du projet. Les documentaires diffusés sur HBO peuvent réunir de 2 à 3 millions de téléspectateurs lors des différentes diffusions réparties sur 1 mois.

Dans un style très différent, POV (documentaries with a point of view) est une série du réseau de chaînes publiques PBS (Public Broadcasting Services) qui propose 17 à 18 documentaires par an sur les 1 000 projets qu’elle étudie chaque année. Un appel à projets est lancé par la chaîne chaque année au mois de juin et comme le souligne Simon Kilmurry, Directeur exécutif de la série, lui et son équipe recherchent des documentaires affichant un point de vue marqué, sur des sujets sociétaux, et ayant une facture cinématographique (cinematic feel), à la manière de Last train home (Le dernier train) de Lixin Fan.

Les ressources de POV sont cependant limitées et la chaîne ne finance jamais un projet intégralement, même si elle peut intervenir tôt dans le cycle de production d’un documentaire. Le financement moyen de la chaîne est de 90 000$ pour des projets dont le budget varie souvent entre 300 000$ et 500 000$. La chaîne participe à la recherche de financement, notamment auprès d’ITVS, de fondations ou de chaînes télévisées étrangères, et ne prend que des droits très limités, généralement les droits américains pour la télévision, quelques droits numériques et les droits pour une diffusion dans le secteur éducatif. La chaîne est satisfaite quand ses documentaires rassemblent 500 000 à 1 million de téléspectateurs sur leur période de diffusion, soit 6 diffusions réparties sur 7 jours au cours des 4 premières années de diffusion.

A&E IndieFilms produit des films destinés à une distribution en salle avant diffusion sur la chaîne de télévision. Molly Thompson, Vice Présidente d’A&E IndieFilms a notamment souligné que la chaîne était à la recherche d’histoires qui « éclaboussent » (splashy stories) et qui placent le personnage central au cœur du documentaire. La chaîne a notamment fait l’acquisition, après sa diffusion au festival de Sundance, de Page One: Inside the New York Times, d’Andrew Rossi. Le groupe finance entièrement la plupart de ses productions, même s’il peut lui arriver de s’associer avec d’autres partenaires comme la chaîne britannique Channel 4.



DOC NYC: Panel "The State of TV"

Parmi les autres chaînes de télévision américaines diffusant des documentaires, les panélistes ont mentionné PBS Independant Lens, Oprah Winfrey Network et National Geographic.

Tous ont convenu que la télévision américaine offrait de moins en moins d’opportunités à ce genre. Ainsi, au cours des deux conférences qui ont suivi, The State of Theatrical et The State of Digital, Internet est apparu comme le nouveau canal incontournable et surtout rentable pour la diffusion de documentaires.

Géraldine Durand


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