Télévision

Le succès de l’animation française aux Etats-Unis

Date: 17/09/2013


Animation Française

Avec l’écrasant triomphe au box-office de “Moi, Moche et Méchant” et de sa suite “Moi, Moche et Méchant 2”, l’industrie de l’animation française n’a jamais été aussi attractive pour les studios américains et les networks qui veulent s’y approvisionner en profitant des talents et avantages fiscaux français.

C’est sur ce marché dynamique qu’intervient le Rendez-vous de TV France International à Biarritz, organisé par Mathieu Bejot. L’événement annuel met en vedette un large éventail de projets de séries animées originales ou issues de franchises, développés par les plus importants producteurs français en collaboration avec des partenaires américains.

Voici quelques unes des initiatives majeures :

– Gaumont animation a acheté à DreamWorks Classics les droits de la franchise de “Oui-Oui”, crée par l’anglais Enid Blyton (1949), et développe une série sur le pantin pour France Télévisions.
– La compagnie de production de Kidvid, Genao, propriété de Lagardère, produit “Les Chipmunks et Chipettes”, d’après “Alvin et les Chipminks”, et “les Chroniques de Xiaolin” d’après “Xiaolin Showdown”, en co-production avec les détenteurs de droits américains correspondants : Ross et Janice Bagdasarian chez Bagdasarian Prods. et le créateur de “Xiaolin Showdown”, Christy Hui chez ActionFliks.
– Marathon Media, propriété de Zodiak à l’origine de “Totally Spies” et “Gormiti”, produit pour Nickelodeon aux États-Unis et Gulli en France “Blake et les aliens” ; une comédie sur un garçon de 12 ans pourchassé par des écureuils extraterrestres venus du futur.

La France a toujours été considérée comme un vivier de l’animation. Ses écoles spécialisées comme Les Gobelins sont connues et reconnues. Le fait que “Moi, Moche et Méchant” et sa suite aient été entièrement réalisés dans les studios parisiens d’Illumination Mac Guff avec des budgets de l’ordre de 70 millions de dollars et engendrant respectivement 543 et 720 millions de dollars  (à ce jour) dans le monde entier, n’a fait que renforcer la réputation des talents français.

En tant que directeur général de Marathon Media, David Michel souligne : “Il y a très peu de sociétés d’animation solides et toujours en plein essor. La plupart sont en France et au Canada, et les professionnels de l’industrie en sont conscients. ”

“Avec le développement de leurs chaînes internationales, les compagnies américaines comme Turner, Disney ou Nickelodeon cherchent de plus en plus à travailler avec des producteurs locaux pour avoir du contenu à diffuser”, explique le responsable de l’animation chez Gaumont, Pierre Belaisch, qui a lancé Gulli en 2005, première chaîne française à destination des plus jeunes.

Néanmoins, même s’ils recrutent largement chez les producteurs locaux, cela ne veut pas dire que Nickelodeon et les autres networks américains ne sont pas exigeants sur le choix de leurs partenaires. “Les défis dans une coproduction, surtout lorsqu’elle est internationale, ce sont le temps et la communication [ainsi que] la barrière linguistique et les sensibilités”, affirme Rich Magallanes. “L’avantage de travailler avec une société comme Marathon, c’est qu’elle a déjà fait ses preuves et a créé des succès pour enfants.”
Pour Nickelodeon, c’est du gagnant-gagnant, affirme David Michel : “Ils sont capables de façonner un programme pour leur public avec la moitié du budget d’une série Nickelodeon produite en interne.”
Mais il n’y a pas que le talent qui soit à l’origine du succès de l’animation française. Le soutien à cette industrie est un autre atout. Les diffuseurs français sont en effet tenus de soutenir le cinéma et l’animation locale de différentes manières. Subventions publiques et allégements fiscaux couvrent 10 à 80 % des budgets des séries.

Les studios américains font de plus en plus confiance aux sociétés d’animation françaises pour remettre au goût du jour des franchises à succès en leur donnant un aspect moderne et international.
DreamWorks Classics a choisi Gaumont Animations parmi différents prétendants européens.  “Nous sommes un studio d’animation adossé à une compagnie cinématographique vieille de 118 ans qui a des bilans en France et à l’étranger, cela nous donne indéniablement beaucoup de crédit”, explique Pierre Belaisch, qui affirme que DreamWorks est activement impliqué dans le développement de “Oui-Oui” pour s’assurer que la série conserve l’ADN de la franchise.
Gaumont Animations entend travailler plus étroitement avec les majors américaines sur le développement d’émissions destinées aux marchés américain et étranger. Pour cela, l’entreprise va exploiter les contacts de Gaumont Intl. Télévision, sa branche située à Los Angeles.

“Tisser des liens entre les talents Français et Américains consiste à combiner le meilleur des deux mondes”, explique Sandrine Nguyen, qui dirige Genao avec Boris Hertzog et produit “Chipmunks” et “Xiaolin”. “En France, nous avons de grandes écoles d’animation, ainsi que de talentueux réalisateurs et créateurs de personnages, mais nous avons encore beaucoup à apprendre de dessinateurs et scénaristes de storyboard américains”.

With French Animation on Fire in Hollywood, Bizzers Are Scrambling for Their Share, de Elsa Keslassy, Variety, 6 septembre 2013

Myriam LAVILLE


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