Télévision

Mission aux Etats-Unis de Françoise Laborde, Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (15 – 23 mai 2013)

Date: 14/06/2013


Françoise Laborde

Françoise Laborde, Conseillère du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, a réalisé une mission à Washington, New York et Los Angeles du 15 au 23 mai 2013. Présidente du groupe de travail « Jeunesse et protection des mineurs » au sein du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, Françoise Laborde a rencontré plusieurs interlocuteurs concernés par ces questions dans chacune des villes visitées.


1 – A Washington, la Conseillère du CSA a rencontré l’équipe du Sénateur John Davison « Jay » Rockefeller IV (D-WV), le Représentant Frank James Sensenbrenner Junior (R-WI), Mignon Clyburn, Acting Chairwoman de la Federal Communications Commission (FCC), et Edith Ramirez, Chairwoman de la Federal Trade Commission (FTC).

Ces rendez-vous ont permis de souligner les différences essentielles entre la France et les Etats-Unis en termes de régulation des médias et de protection des mineurs.

Le périmètre de régulation de la FCC couvre les chaînes gratuites diffusées sur les fréquences hertziennes, mais exclue les chaînes payantes diffusées par câble ou satellite qui bénéficient de la protection du Premier Amendement. Cet extrait de la Bill of Rights de 1791 est régulièrement invoqué par les éditeurs de contenus pour s’opposer aux projets de régulation de la FTC et de la FCC, ou aux projets de lois du Congrès, dont un grand nombre sont abandonnés avant même un premier vote en Commission. Alors que les principes de respect de la dignité humaine et de refus de toute haine raciale encadrent la conception française de la liberté d’expression, celle-ci prévaut aux Etats-Unis lorsqu’il s’agit de formuler des lois et des réglementations.

Plutôt qu’une réglementation imposée par la puissance publique, le modèle d’autorégulation pour les éditeurs de contenus est privilégié. Ainsi, les industries du cinéma, de la musique et des jeux vidéo ont constitué des organismes qui déterminent l’âge conseillé pour les contenus. La FTC peut simplement émettre des avis non contraignants sur le respect de ces arbitrages.

Plusieurs textes législatifs et réglementaires ont été abordés plus précisément.

Le Children’s Television Act impose aux chaînes de télévision américaines des restrictions en matière de publicités pendant les programmes pour enfants, ainsi qu’un quota d’émissions éducatives.

La FCC a confirmé la possibilité d’un assouplissement de l’Indecency Rule qui pénalise la diffusion de programmes indécents en-dehors des heures dites de safe harbor (22h-6h) et de ne pénaliser que les cas d’indécence flagrants. Une demande de commentaires publics a été faite le 1er avril 2013 à ce sujet.

Enfin, le Sénateur Rockefeller a introduit le Violent Content Research Act en janvier 2013, qui mandaterait la National Academy of Science pour conduire une étude approfondie des conséquences de la violence présente à la télévision et dans les jeux vidéo sur les mineurs, et émettre des recommandations au Congrès, à la FCC, à la FTC et au Département de la Santé.

2 – A New York, Françoise Laborde a pu s’entretenir avec H. Melvin Ming, Président et CEO de l’association Sesame Workshop, Adina Pitt, VP Content Acquisitions and Co-productions, Cartoon Network & Boomerang, du groupe Turner Entertainment, Ellen Doherty, Executive Producer, Thirteen/WNET (du réseau PBS) et avec les représentants de l’association Common Sense Media.

Les entretiens new yorkais ont tourné autour de la responsabilité des programmateurs et des producteurs vis-à-vis du choix des programmes diffusés à la télévision, que ce soit sur les chaînes privées ou publiques. Plusieurs interlocuteurs travaillant au sein de groupes privés et publics ont en effet souligné leur inquiétude vis-à-vis d’émissions qui tentent de faire des enfants des consommateurs. Adina Pitt a décrit en particulier les procédures internes à NBC Universal pensées pour surveiller que les programmes sont en conformité avec les lois et que les jeunes téléspectateurs sont protégés. Tous les interlocuteurs rencontrés considèrent que parents et éducateurs ont une responsabilité importante dans le choix des programmes regardés par les enfants et dans leur éducation à l’image et aux médias de l’ère numérique. L’association Common Sense Media propose des formations à destination du jeune public dans près de 50 000 écoles américaines afin d’éduquer les enfants sur la meilleure manière de naviguer dans un monde numérique. Elle met également à disposition des critiques de jeux vidéo, livres, films pour aider les parents à choisir une activité adaptée à l’âge de leur enfant. Enfin, elle discute avec les pouvoirs publics de ces questions pour faire évoluer la réglementation.


3 – A Los Angeles, Françoise Laborde s’est rendue aux LA Screenings, évènement majeur au cours duquel les producteurs de séries télévisées, studios et indépendants, présentent les pilotes de la saison à venir aux acheteurs venus du monde entier. Ainsi, plus de 1300 professionnels représentant des chaînes de télévision, mais aussi des plateformes numériques, ont convergé à Los Angeles du 14 au 24 mai dernier. Parmi eux figuraient le Directeur Général des antennes et des contenus du groupe M6, Thomas Valentin, Maxime Saada, Directeur Général adjoint de CANAL+, et Alix Goldschmidt, en charge des acquisitions pour Orange.

Lors de ce rendez-vous, Françoise Laborde a pu découvrir d’une part les programmes qui seront diffusés sur les chaînes françaises prochainement, et s’entretenir avec les principaux responsables des studios comme Belinda Menendez, Présidente de NBC Universal International Television Distribution, et Catherine Powell, SVP de Disney Media Distribution. Ces entretiens ont été l’occasion d’échanger sur les principales tendances en matière de contenus présentés par les producteurs américains lors des LA screenings et de souligner la prépondérance des comédies dramatiques, des séries de comédies, de science fiction et fantastiques. Ces rendez-vous ont aussi permis d’évoquer d’autres formats populaires à l’international, comme les émissions à thématique culinaire qui, dans la plupart des cas, sont adaptées par les chaînes locales et commercialisées par des sociétés indépendantes comme Endemol ou FremantleMedia. Les nouvelles pratiques des studios en matière de marketing et de fidélisation de leur public, notamment le jeune public, ont également été évoquées. Comme l’a souligné Scott Rowe, SVP Worldwide TV Communications de Warner Bros, les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) jouent désormais un rôle essentiel dans les stratégies de communication des grands producteurs de contenus, qui créent très rapidement pour chaque programme des pages dédiées pour les « fans ».


La mission de Françoise Laborde lui a permis de rencontrer des acteurs importants en matière de production de programmes et de protection des mineurs aux Etats-Unis. Elle a permis de mettre en avant des différences essentielles entre la France et les Etats-Unis dans ce domaine, de clarifier les lois existantes et d’avoir un aperçu des réformes envisagées et des tendances en matière de contenu.

Térence Perrod, Géraldine Durand, Muriel Guidoni et Lise de Sablet


Il y a une réaction sur cet article, réagissez!

Une Réaction

1 - Mission aux Etats-Unis de Françoise Labo… | 14.06.13

[…]   […]


Votre Réaction





*

Copiez le code de sécurité dans le champ de droite


* Champ obligatoire