Télévision

A l’occasion du KidScreen Summit, focus sur l’animation française aux Etats-Unis

Date: 11/03/2011


Kidscreen Summit

Du 15 au 18 février dernier, à l’hôtel Hilton à New York, se tenait le KidScreen Summit, principal salon américain des programmes jeunesse. Créé en 2000, ce rendez-vous annuel réunit chaque année près de 1 500 professionnels venus d’une quarantaine de pays. Plus de 70 professionnels français avaient fait le déplacement. Parmi les sociétés présentes figuraient les département acquisitions et les unités jeunesse de France Télévisions, Canal Plus, M6 et Lagardère, des producteurs et des distributeurs de films d’animation comme Zodiak Kids,  Martahon Media, Moonscoop, Gaumont-Alphanim, Xilam, Ellipsanime. L’importance de la présence américaine, canadienne et européenne au KidScreen fait de ce salon une étape incontournable pour les professionnels français de l’animation, à quelques mois du MIP TV (Cannes, 4-7 avril 2011). Une remise des prix a eu lieu le 17 février et Kaeloo, production française distribuée à l’international par NeweN Distribution, s’est vu attribuer le prix de la Meilleure Série Animée.

A l’occasion du salon, le service culturel de l’Ambassade de France aux Etats-Unis a organisé un événement, le 17 février,  au sein de ses locaux, en collaboration avec le festival d’Annecy et Imaginove, pôle de compétitivité fédérant plus de 200 entreprises rhônalpines des filières de l’image en mouvement (jeu vidéo, cinéma audiovisuel, animation et multimédia). La soirée a rassemblé plus d’une centaine de participants, professionnels de l’audiovisuel français et américains. La projection de courts métrages primés à Annecy et par Imaginove, et de travaux des sociétés Teamto et Pinka, a été suivie par un cocktail, qui a permis aux professionnels d’échanger dans un cadre informel.


Soirée Animation Française à l’Ambassade de France à New York

L’animation française est reconnue aux Etats-Unis ; en témoignent la nomination aux Oscars 2011 du film L’llusionniste de Sylvain Chomet (qui avait déjà été nominé en 1997 pour La Vieille Dame et les Pigeons et en 2003 pour Les triplettes de Belleville) et de Madagascar, carnet de voyage de Bastien Dubois (dans la catégorie court métrage d’animation).

S’agissant des séries télévisées d’animation, plusieurs séries françaises ont été vendues à des chaînes américaines et ont été diffusées sur le territoire des Etats-Unis ces dernières années. Produit par Mooscoop, Code Lyoko a été diffusé pendant 4 ans, jusqu’en 2008, sur la chaîne Cartoon Network. Plus récemment, en septembre 2010, Cartoon Network US a fait l’acquisition de trois programmes produits par la société française Marathon Media, la saison 5 de Totally Spies!, Totally Spies! Le film et le nouveau Amazing Spiez. Suite au succès de la diffusion de la première saison, la chaîne d’animation américaine a également acheté la deuxième saison de Garfield produit par Dargaud Media et dont la diffusion débutera au printemps 2011. Parmi les autres programmes figurent notamment Bali, diffusé sur PBS (producteur Planet Nemo), Cosmic Quantum Ray, acheté par la chaîne The Hub (Moonscoop), et Ava Riko Teo diffusé sur la chaîne Animania (Moonscoop).

Les producteurs et distributeurs d’animation français s’accordent à dire que le marché américain n’est pas un marché de coproduction ni de préachat, et qu’il est extrêmement difficile de vendre à des chaînes américaines. Le plus souvent, des groupes comme Disney ou Cartoon Network achètent pour leurs chaînes en Asie ou en Amérique latine avant de considérer une diffusion sur les Etats-Unis. Pour le marché national, les chaînes américaines privilégient des programmes fabriqués au sein de leur propre structure. Une des façons de pénétrer le marché américain est de développer des coproductions avec une société implantée au Canada anglo-saxon. Une autre possibilité est de s’associer, en amont, à un fabricant de jouets comme Hasbro, Bandai ou Spin Master. C’est le modèle qui été suivi pour la série d’animation Redakai, co-production entre la société d’entertainment et de jouets pour enfants  Spin Master et le groupe français Zodiak Kids/Marathon Media, qui sera diffusée sur Cartoon Network à l’été 2011. Cartoon Network Enterprises prend les droits exclusifs en licence et droits dérivés sur les Etats-Unis et le Canada, tandis que Zodiak Kids/Marathon Media conserve les droits de distribution internationale, de licence et droits dérivés en dehors des Etats-Unis. Autre exemple de collaboration entre ces deux secteurs d’activités, la chaîne The Hub, destinée aux 2-12 ans, a vu le jour, fin 2010, grâce à l’association du  groupe Discovery Communications et du constructeur de jouets Hasbro (Voir l’article du 04 mai 2010, The Hub, la chaîne des 2-12 ans).

Dans un pays où la consommation de films de cinéma et de programmes de télévision en mode délinéarisé progresse rapidement, la vidéo à la demande (VAD) représente une porte d’entrée pour l’animation française. Implantée à Los Angeles après le rachat d’une société de production américaine, la société française Moonscoop a lancé, au début de l’année 2007,  une plateforme de programmes d’animation à la demande gratuite pour les 6-11 ans au sein de l’offre du câblo-opérateur Comcast. Baptisée Kabillion, cette plateforme est aujourd’hui reprise par les principaux câblo-opérateurs américains (Time Warner Cable, Charter Communications, etc.) et elle est disponible dans 35 millions de foyers. Financée grâce à la publicité, Kabillion enregistre près de 3,5 millions de visionnages par mois, soit à peine un peu moins de la moitié qu’une chaîne comme Cartoon Network. Face au succès du service, Comcast a demandé à Moonscoop de lancer un service similaire dédié aux filles, chose faite en janvier 2011 avec Girls Rule!.

Le marché américain n’est donc pas un marché facile pour l’animation française. Pourtant, des pistes semblent se dessiner, parmi lesquelles la collaboration avec des constructeurs de jouets et la présence sur les plateformes de vidéo à la demande. Toutefois, concernant ce dernier modèle, une inquiétude, partagée par les autres secteurs de l’audiovisuel, persiste : le modèle économique n’est pas encore défini.

Géraldine Durand


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