Télévision

TV Numérique et TVHD: mission du CSA aux Etats-Unis

Date: 15/01/2005

Les missions économiques de Washington, New York, Los Angeles et San Francisco ont accueilli fin octobre la mission aux Etats-Unis de deux conseillers du CSA : Yvon le Bars et Francis Beck, accompagnés du directeur adjoint des opérateurs audiovisuels de cette organisation. Il a paru intéressant de faire, à cette occasion, un point des diverses questions abordées, au moment où la TNT se met en place en France.

1/ les aspects réglementaires de la transition américaine vers le numérique

La FCC (Federal Communication Commission) repousserait à 2009 la date d’extinction probable des signaux analogiques, prévue à l’origine pour la fin 2006 : en effet les conditions d’accès au numérique (85% des foyers dans chaque marché) rendait peu vraisemblable cette première échéance.

Néanmoins, la majorité des foyers recevant les signaux de télévision par le câble ou par le satellite, seuls 15% des foyers ne captent pas la télévision que par voie hertzienne, ce qui constitue un atout considérable dans la transition américaine.

Des questions restent posées pendant la phase de transition : à la FCC qui doit obtenir des fabricants de TV l’intégration d’un décodeur numérique et au Congrès qui s’interroge déjà sur la nécessité de subventionner les foyers qui, en fin de transition, ne pourraient toujours pas avoir accès aux signaux numériques (critères et coût ?).

L’importance de la protection des contenus gratuits dans ce contexte numérique n’avait sans doute pas été prise en compte suffisamment tôt par la FCC. Le recours au “broadcast flag” palliera en partie ce manque : ce marqueur électronique sur les contenus, reconnaissable à la mi-2005 par des technologies approuvées par la FCC et installée à cette date dans tous les équipements des foyers, indiquera à ceux-ci qu’ils doivent bloquer la transmission des contenus sur le net.

Enfin, les fréquences analogiques libérées seront précieuses : pour l’Etat (sécurité politique), les nouveaux entrants TV et les services de télécommunication sans fil. Un système d’enchères devrait être mis créé pour encourager les opérateurs en place à libérer ces fréquences.

2/ Les marchés de la TV numérique et de la TVHD

Les associations professionnelles concernées ont évidemment des enjeux particuliers à défendre dans le cadre même de la transition. Parmi les débats les plus importants : l’évolution de la règle du “must carry”, (Cable Act de 1992) imposé aux câblo-opérateurs vers le “dual must carry” soit l’obligation de la transmission duale analogique / numérique et “multicasting must carry” soit la transmission en numérique de plusieurs canaux sur l’espace alloué plutôt qu’un seul canal en HD.

On peut constater aux Etats-Unis l’implication totale de tous les acteurs de l’audiovisuel dans la TVHD, présente sur tous les réseaux de diffusion. Les broadcasteurs nationaux diffusent 70% de leur prime time en HD, câble et satellite offrent des chaînes en HD : HBO, Discovery, INHD et l’offre VOOM sur satellite (près de 40 chaînes en HD). Aussi, on projette 23 millions de téléviseurs HD en 2007 (contre 4 en 2003), dont 87% d’écrans 15 en Haute Définition. Ces ventes seront en outre dopées par le succès du DVD, bientôt en DVDHD.

3/ Les normes de compression

Les standards ASTC choisis aux Etats-Unis pour la télévision numérique laissent une grande souplesse aux acteurs (notamment dans la définition de l’image), mais la norme de compression standard est actuellement le MPEG 2.

La question des normes a cependant été abordée : si aujourd’hui le MPEG2 est utilisé par tous les acteurs de la chaîne, ceux-ci s’accordent pour dire que les standards ASTC devront intégrer de nouveaux standards tels que le MPEG 4 (ou AVC) ou le Window Media 9 (WM9). Dans la mesure où il est peu probable que l’industrie opte pour une technologie propriétaire (WM9), les versions avancées du MPEG 4 viendront sans doute remplacer le MPEG 2 à moyen terme : l’évolution est en effet dictée par le marché et les choix de la concurrence – notamment des nouveaux acteurs impliqués dans la HD tels que VOOM –, et va peut être menacer les acteurs historiques dans cette nouvelle transition. A terme, les décodeurs seront sans doute multistandards (MPEG2, MPEG 4, WM9 ou autres).

L’entreprise Harmonic, spécialiste de l’encodage des données vidéo, estime que seules les versions avancées (H264) du MPEG 4 sont susceptibles d’apporter une efficacité accrue notable aux transferts de données vidéo, notamment pour des contenus en HD.

Les plateformes complètes (encodeurs et décodeurs) seront, toujours d’après Harmonic, disponibles en fin d’année 2005 pour les contenus en définition standard et en début d’année 2006 pour les contenus en HD.

Candice Morrissey


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