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Netflix : des résultats financiers en baisse, mais un nombre d’abonnés en hausse
Date: 15/05/2012
[caption id="attachment_2487" align="alignright" width="230" caption="Netflix"]
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L’année 2011 a été difficile pour Netflix, suite à l’augmentation de ses tarifs et à la séparation avortée de ses services de location de DVD et de streaming : la société a perdu près de 800 000 abonnés au cours du troisième trimestre 2011. Toutefois, l’année 2012 s’annonce sous de meilleurs hospices, même si la société a enregistré sa première perte nette depuis 2005.
- Un nombre d’abonnés en constante augmentation et une percée hors des Etats-Unis
A la fin du premier trimestre 2012, Netflix annonçait un total de 26,1 millions d’abonnés aux Etats-Unis, soit une progression de 14,4% par rapport à la même période un an auparavant. La société enregistre ainsi une hausse de 1,7 millions d’abonnés américains au cours du trimestre, contre seulement 220 000 abonnés additionnels au troisième trimestre 2011.
16 millions d’abonnés américains (61,3% du total) ont fait le choix d’une offre en streaming uniquement, 7,4 millions paient pour une offre en streaming et l’accès à au moins un DVD et 2,7 millions ont opté pour la location de DVD seulement.
Le nombre d’abonnés au service de location de DVD a diminué de près de 1,1 million sur le trimestre. Or, ce sont ces clients qui sont les plus intéressants financièrement pour Netflix puisqu’ils paient, en moyenne, 10,03$ par mois contre 7,49$ pour ceux ayant choisi pour une offre en streaming uniquement.
Sur le marché international, Netflix comptabilise 3,1 millions d’abonnés, une progression de presque 282% par rapport au premier trimestre 2011 (Netflix a lancé son offre au Canada à la fin de l’année 2010, puis au Royaume Uni, Irlande et dans 43 pays latino-américains au cours de l’année 2011). Ces abonnés rapportent un peu moins que les clients américains, puisqu’ils paient en moyenne 5,88$ par mois (seul le service en streaming est disponible hors du territoire américain).
Lors de l’annonce des résultats, fin mars 2012, les dirigeants de Netflix ont souligné le développement rapide du service l’international. Ils ont également précisé que la progression était plus importante au Royaume Uni et en Irlande qu’en Amérique latine et au Canada. Enfin, ils ont annoncé que le service avait enregistré des records en temps de visionnage par abonné sur le trimestre (Lire >Netflix menace-t-il la télévision traditionnelle ?, Médiamérica, 19 mars 2012).
Au total, la société comptait, à la fin du mois de mars 2012, près de 29,1 millions d’abonnés à travers le monde. Elle prévoit d’en compter environ 7 millions de supplémentaires d’ici la fin de l’année 2012.
- Les premières pertes nettes depuis 7 ans
Suite à d’importants investissements en achat de contenu et pour le développement international de la société, Netflix a annoncé, à la fin du mois de mars 2012, sa première perte nette depuis 2005. Ainsi, la société a annoncé un chiffre d’affaires de 869,8 millions de dollars sur le premier trimestre 2012, un chiffre en hausse de 21% par rapport au premier trimestre 2011, mais en légère baisse par rapport au dernier trimestre 2011 (875,6 millions de dollars). Le chiffre qui a marqué les esprits est celui de 764,9 millions de dollars, montant total dépensé par Netflix au cours de ce trimestre pour le streaming du contenu et qui représente déjà un tiers de ce que la société avait dépensé en 2011 à cet effet. D’autre part, la société a annoncé des pertes s’élevant à 103 millions de dollars sur ses opérations à l’international contre 60 millions au cours du quatrième trimestre 2011. Au total, Netflix a annoncé des pertes nettes s’élevant à 4,6 millions de dollars. La société espère cependant retrouver l’équilibre au cours du deuxième trimestre 2012.
- Une expansion internationale qui se poursuit
Les marchés internationaux sont ceux où Netflix enregistre ses plus grosses pertes d’un point de vue financier et la société évalue à deux ans le temps nécessaire pour qu’elle parvienne à l’équilibre financier sur ces territoires. Pourtant, c’est aussi sur ces marchés que la société enregistre sa plus forte progression en termes d’abonnés. Ses dirigeants ont annoncé, début 2012, que le service serait lancé sur un nouveau territoire, en Europe, d’ici la fin de l’année. Toutefois, aucune précision n’a été ajoutée sur l’identité de ce pays.
- Accessibilité de Netflix
Cela fait plusieurs années que Netflix multiplie les applications afin d’être accessible sur un maximum de plateformes. Selon le site Internet de la société, aux Etats-Unis, Netflix est disponible sur plus de 50 appareils différents. Le service a en effet développé des applications pour consoles de jeux vidéo (PS3, Wii, Xbox 360), pour une quinzaine de lecteurs Blu-ray connectés, pour une dizaine de téléviseurs HD connectés, pour une quinzaine de boîtiers dont Roku, Boxee, Apple TV et Google TV, pour plusieurs téléphones portables (Android, iPhone, Windows) et pour tablettes (iPad, Nook, Kindle Fire).
Conclusion :
Selon une étude publiée au mois d’avril 2012 par le cabinet d’analyse Sandvine, Netflix est la principale source de trafic sur Internet sur ordinateur aux Etats-Unis avec presque un quart du volume total quotidien (24,4%) et près d’un tiers (32,9%) pendant les heures d’affluence. YouTube de Google est en première position pour les réseaux Internet mobiles avec 23,4% du trafic journalier.
Ainsi, malgré ses aléas financiers, Netflix reste un acteur de poids dans le paysage audiovisuel américain et la société entend bien poursuivre son incroyable progression sur un nombre croissant de territoires et d’appareils.
Netflix US streaming subs up 9.3% in Q1, de Deana Myers, SNL Kagan, 1er mai 2012
Netflix announces Q1 earnings, more international expansion plans, de Kyle Daly, SNL Kagan, 23 avril 2012
Géraldine Durand
Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis
Date: 15/05/2012
[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"]
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Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne.
Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années.
Modèles de distribution utilisés :
Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010.
La console de jeu vidéo
La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer.
La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live.
Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console.
Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés
Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année.
Les boîtiers
Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur.
Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002).
Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes.
Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées :
La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ».
Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet.
Conclusion :
Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015.
D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé.
Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près.
Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu.
Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.
Géraldine Durand
Les plateformes du web lancent leurs propres “upfronts”
Date: 07/05/2012
[caption id="attachment_3074" align="alignright" width="230" caption="Hulu"]
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Les poids lourds de la vidéo sur Internet, soit AOL, Google et son site YouTube, Hulu, Microsoft, Yahoo et Digitas, et les départements numériques de sociétés comme NBCUniversal et Disney, ont fait front commun en lançant le salon Digital Content NewFronts le 19 avril 2012. Cet événement, et son titre, sont inspirés des "upfronts" organisés chaque année par les chaînes de télévision américaines. Au cours des upfronts, les chaînes présentent leur calendrier et les programmes de l’année à venir à la presse et aux agences de publicités dans l’objectif de vendre à ces derniers un maximum d’espace publicitaire avant le début de la nouvelle saison. Pour les services du web, les "newfronts" ont pour objectif de récupérer une part plus importante du budget publicitaire accordé chaque année aux médias américains.
Le contexte s’y prête : actuellement, le visionnage de vidéos en ligne explose, et les publicitaires dépensent de plus en plus sur le web. Les dépenses publicitaires sur Internet aux USA devraient en effet augmenter de 23% en 2012, pour atteindre 39,5 milliards de dollars. Les dépenses visant la vidéo en ligne ont, elles, augmenté de 52% en 2011, pour atteindre 2,16 milliards de dollars (elles devraient atteindre 7,1 milliards en 2015). Ainsi, le montant des dépenses publicitaires consacrées à la vidéo en ligne devrait représenter 8% des 39,5 milliards de dollars dépensés globalement sur Internet en 2012.
Néanmoins, ces sommes sont minimes face aux 68 milliards de dollars dépensés par les marketeurs sur la télévision Américaine en 2011, un chiffre en hausse de 2,4% depuis 2010 selon la société de recherche Kantar Media. D’autre part, la télévision est le seul média qui n’a pas connu de déclin de ses revenus publicitaires au quatrième trimestre 2011, alors que les médias numériques ont connu une baisse de 6,2%.
Un des points forts des "newfronts" est la quantité de programmes originaux présentés par ses commanditaires : Youtube avec ses 100 chaînes à 100 millions de dollars, Yahoo, qui a développé des projets en collaboration avec le créateur de CSI, Anthony Zuiker, et Tom Hanks, Hulu et sa série de 30 minutes Battleground, etc. L’objectif des sociétés présentes est de convaincre les publicitaires que ces programmes sont de même qualité que ceux de la télévision et ont l’avantage d’être proposés sur un plus grand nombre d’écrans. "Le moment est venu pour les professionnels du web d’offrir du contenu original", annonce Randall Rothenberg, président et CEO de l’Interactive Advertising Bureau. "La vidéo numérique progresse de façon explosive. Les Américains la consomment sur de multiples écrans. C’est le moment parfait pour l’industrie numérique, il faut rapprocher les acheteurs et les vendeurs pour soutenir ce marché".
Le marché de la vidéo en ligne continue de se développer rapidement, mais les publicitaires sont encore réticents, notamment en raison du manque de standardisation dans les méthodes de mesure de l’audience. C’est pourquoi AOL prévoit de défendre le système de mesure de Nielsen baptisé Online Campaign Ratings qui propose des mesures similaires à celles que la société propose pour la télévision. De même, Google présentera son propre système de mesure, Active View. Enfin, Hulu a annoncé que la société ne facturerait désormais que les publicités visionnées dans leur intégralité.
Internet video companies to kick off their own upfronts, de Deborah Yao, SNL Kagan, 13 avril 2012
For digital powers, it’s a “newfront”-ier, de Andrew Wallenstein, Variety, 18 avril 2012
Sonia Droulhiole
Pour la première fois en 2012, les Américains devraient consommer plus de films en ligne qu’en DVD
Date: 26/04/2012
[caption id="attachment_8838" align="alignright" width="230" caption="VOD"]
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La consommation légale et payante de films en ligne, aux Etats-Unis, devrait atteindre 3,4 milliards de visionnages ou transactions en 2012, soit approximativement 1 milliard de plus que pour la vidéo sur support physique, selon le rapport de « Screen Digest Broadband Media Market Insight » du fournisseur d’informations et d’analyse IHS. En 2011, pourtant, les DVD et Blu-ray avaient revendiqué une part importante du marché avec 2,6 milliards de visionnages ou transactions, contre 1,4 milliard comptabilisées en ligne.
En 2012, la consommation de vidéos en ligne devrait progresser de 135% par rapport à 2011, tendance qui devrait se confirmer dans les années à venir. Les ventes de DVD et de Blu-ray vont quant à elles vraisemblablement diminuer ou stagner.
« L’année 2012 sonne le glas de la vieille idée selon laquelle les consommateurs ne voudront pas du contenu premium distribué sur Internet », explique Dan Cryan, analyste senior principal, broadband and digital media chez IHS. « En fait, la croissance de la consommation en ligne participe d’une tendance générale qui a vu le nombre total de films visionnés par le biais de services traditionnellement rangés dans la catégorie Home Entertainment progresser de 40% entre 2007 et 2011, alors même que le nombre de films vus sur support physique diminuait ».
Le segment « physique » consiste en des ventes au détail et des locations de VHS, DVD et Blu-ray. La part en ligne comprend la vente de formats numériques (EST), la vidéo à la demande sur Internet (iVOD) et la vidéo à la demande sur abonnement (SVOD).
La popularité croissante des sites sur abonnement comme Netflix et Amazon Prime a été un facteur clé dans l'augmentation de la consommation de vidéos en ligne. Ces sites proposent aux consommateurs des films de manière illimitée pour une somme forfaitaire mensuelle ou annuelle constante. Les abonnements en 2011 ont compté pour 94% de la consommation de vidéos payantes en ligne aux Etats-Unis, contre 1,3% pour les achats en format numérique.
Selon l'IHS, en 2012, les Américains devraient passer plus de temps à regarder du contenu sur support physique que sur support numérique. Ils devraient ainsi passer une moyenne de 4,3 milliards d’heures à regarder des DVD et Blu-ray contre 3,2 milliards d’heures consacrées aux films en ligne.
Même si les transactions sur Internet vont représenter la majorité des transactions cette année, leur chiffre d’affaires devrait être inférieur à celui de la vidéo sur DVD ou Blu-ray, soit 1,7 milliard de dollars contre 11,1 milliards pour les supports physiques. Les consommateurs devraient en effet payer une moyenne de 51 centimes pour chaque film consommé en ligne contre 4,72 dollars pour une vidéo sur support physique. En 2016, les vidéos en ligne devraient représenter 17% du chiffre d’affaires de ce marché, contre 75% pour les DVD et Blu-ray et 8% pour la VOD à la demande sur les téléviseurs.
Netflix, leader incontesté, n’est plus le seul acteur sur le marché de la SVOD. En 2011, Amazon et Hulu ont tous les deux développé des plateformes de streaming en ligne très avancées. Pour Amazon, 2011 a marqué le lancement du service de VOD au sein de l’offre Amazon Prime, qui offre aux abonnés un accès à des films et des émissions de télévision pour 79 dollars par an (lire Amazon prend position sur le terrain de Netflix, Mediamerica, 14 mars 2011).
Selon l’IHS, la croissance phénoménale de la consommation des films sur abonnement pourrait avoir d’autres conséquences : à mesure que les services de SVOD deviennent plus populaires, les consommateurs dépensent de moins en moins d’argent en achat de films. Le marché de la vente de formats numériques (EST), encore débutant, pourrait être étouffé dans l’œuf.
« Après plus de 30 ans d’achat et de location de films sur cassettes puis DVD/Blu-ray, cette année marque un tournant historique. Les consommateurs américains basculent vers la consommation sur Internet, préparant une migration à l’échelle mondiale du physique vers le numérique », explique Dan Cryan. « Nous sommes au début de la fin de l’âge des films sur support physique comme le DVD et le Blu-ray. Mais la transition risque de prendre du temps : presque 9 ans après le lancement de l’iTunes store, les CD sont encore une partie vitale de l’industrie musicale ».
US Audiences to pay more for online movies in 2012 than for physical videos, de Dan Cryan, SNL Kagan, 22 mars 2012
Sonia Droulhiole
L’avenir de la télévision connectée selon Roku
Date: 17/04/2012
[caption id="attachment_9109" align="alignright" width="230" caption="Roku"]
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La popularité croissante de la vidéo sur Internet va sans aucun doute modifier rapidement la façon dont le contenu vidéo est visionné. Une question demeure : quels acteurs sortiront vainqueurs sur ce marché ?
Le CEO et créateur de Roku (boîtier qui permet de regarder des vidéos transmises en streaming par Internet sur sa télévision), Anthony Wood, a une réponse : il prévoit l’émergence d’un opérateur proposant des programmes similaires à ceux proposés par les opérateurs du câble, mais sur Internet (Virtual MSO) dans les 4 ou 5 années à venir. D’ici là, selon ses prévisions, Netflix devrait dépasser la barre des 50 millions d’abonnés, le DVR (enregistreur numérique) devrait disparaître et le streaming devrait être disponible sur la majorité des télévisions dans le monde.
Anthony Wood s’est exprimé sur ces différents sujets le 20 mars 2012 lors de la conférence OTTCON (Over-the-Top TV Conference) à Santa Clara en Californie.
Créée en 2002, la société Roku a rencontré un vif succès grâce à son produit, devenu rapidement un des boîtiers over-the-top les plus populaires du marché américain, avec plus de 2,5 millions d’unités vendues à ce jour. Cependant, les consommateurs ont plus d’options que jamais pour consommer du contenu en streaming et Roku est en concurrence directe avec les mastodontes Apple et Google. Mais c‘est surtout les téléviseurs connectés (ou smarts TVs) qui sont les concurrents les plus sérieux du boîtier Roku, même si Anthony Wood ne semble pas inquiété par leur croissance notable. Il affirme en effet que les boîtiers Roku ont diffusé en streaming deux fois plus d’heures que les télévisions connectées en 2011, soit environ 12 heures de contenu par semaine et par appareil.
Selon les recherches menées par la société Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des principaux défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour touts les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes. Roku ne propose cependant que peu de contenu des réseaux câblés et des networks, si ce n’est celui disponible sur abonnement sur Hulu Plus. Au classement des services les plus populaires sur les télévisions connectées et les boîtiers permettant le streaming sur Internet, Netflix est toujours classé premier, Hulu Plus arrivant peu après.
Actuellement, l’essentiel du contenu visionné en streaming sur téléviseur l’est par le biais de consoles de jeux vidéo et d’ordinateurs, explique Anthony Wood, mais la situation est en train de changer et bientôt, les boîtiers type Roku et les télévisions connectées prendront le relais. Le marché des offres OTT gagnant en maturité (Les services TV Everywhere des câblo-opérateurs vs les offres Over the Top, Mediamerica, 10 novembre 2011), les propriétaires de contenu deviennent plus exigeants. Le but n’est plus d’avoir son contenu disponible sur le plus de plateformes possibles, mais d’être présents sur celles qui possèdent une large part de marché. HBO offre un exemple de cette politique : sa nouvelle application HBO GO est disponible uniquement sur la Xbox de Microsoft, les boîtiers Roku et ceux de Samsung Electronics. Comme les propriétaires de contenu se tournent en premier vers Apple et ses innombrables appareils, son format d’encodage est devenu la norme de l’industrie. Roku acceptant ce format, la société récupère une grande partie du contenu d’Apple, précise Anthony Wood.
Anthony Wood sépare les distributeurs de contenu vidéo en streaming en trois catégories : les offres OTT comme Netflix et Hulu, agrégeant du contenu média traditionnel, des applications classiques qui proposent le contenu d’une seule chaîne de télévision et les marques qui naissent avec l’émergence de nouveaux canaux de distribution, comme Glenn Beck TV (la chaîne HD programmée de, par et avec Glenn Beck) et Revision3 (service video indépendant gratuit qui créé, produit et distribue des émissions télévisées sur des sujets de niches).
Les applications de ces nouveaux diffuseurs posent de nouveaux défis à l’environnement classique du streaming. Certaines sociétés vont en effet devoir faire face à des problèmes d’images de marque et de relations clients. Comcast, Time Warner Cable et DirecTV bloquent par exemple en ce moment l’application HBO GO sur les boîtiers Roku, préférant la distribuer sur leurs propres services à la demande. Comcast permet ainsi l’accès à ce même contenu sur sa propre application XFINITY TV everywhere.
L’autre problème est la mise en valeur des applications moins connues – un problème analogue à celui des centaines de chaînes disponibles sur la télévision. Surtout que peu de marques ont une image déjà reconnue sur le marché du streaming. Le design de l’interface prend alors une importance cruciale. Roku travaille ainsi à mettre à jour son interface pour pouvoir mettre en avant de façon efficace les 500 chaînes proposées.
Selon Anthony Wood, les 10 prochaines années devraient voir une explosion de la disponibilité du contenu vidéo, accessible sur n’importe quel appareil n’importe quand. Cependant, il reste des problèmes à régler, notamment celui des droits de diffusion, les coûts dépassant souvent les bénéfices pour les diffuseurs. Il y a également des problèmes d’encodage et de DRM, qu’il faudrait standardiser. Or, cette industrie a toujours eu les plus grandes difficultés à s’accorder sur ce genre de procédures.
The future according to Roku, de Perkin di Grazia, SNL Kagan, 28 mars 2012
HBO Go Not Working on Your Roku? Don’t Blame HBO, de Sean P. Aune, TechnoBuffalo, 10 février 2012
Sonia Drouhiole
Wal-Mart dévoile les détails de sa nouvelle offre numérique
Date: 17/04/2012
[caption id="attachment_5651" align="alignright" width="230" caption="Wal Mart"]
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Le cloud (stockage de données à distance) fait son apparition dans les magasins Wal-Mart.
Le distributeur a annoncé le 13 Mars dernier que les consommateurs pourraient bientôt apporter leurs DVD et Blu-ray en magasin et recevoir en échange un accès à la version numérique de ces titres. La conversion du contenu en qualité équivalente coûtera 2 $ et les DVD en format standard pourront être convertis en haute définition pour 5 $.
“Le nouveau service “disc-to-digital” de Wal-Mart Entertainment permettra à nos consommateurs de revoir les films qu’ils possèdent déjà sur une variété de nouveaux supports, tout en préservant l’investissement qu’ils ont effectué au fil des années en achat de DVD” a déclaré John Aden, vice président du merchandising chez Wal-Mart. “Nous pensons que ce service révolutionnaire ajoutera de la valeur aux DVD déjà achetés et encouragera nos consommateurs à continuer de constituer des collections de films physiques et numériques dans le futur”.
Ce service, rendu possible grâce à un partenariat avec les 5 principaux studios américains, Paramount Home Distribution de la société Viacom, Sony Pictures Home Entertainment du groupe Sony, Twentieth Century Fox Home Entertainment de la société News Corp, Universal Studios Home Entertainment de la société NBCUniversal Media et Warner Bros. Home Entertainment de Time Warner Inc, sera lancé le 16 avril prochain dans plus de 3500 magasins.
Le service sera hébergé et géré par VUDU, la plateforme de vidéo en streaming acquise par Wal-Mart en 2010 (Lire Wal-Mart confirme l’acquisition de VUDU, Médiamérica, 24 février 2010). Lorsqu’un consommateur apportera ses DVD édités par les studios partenaires, un conseiller l’aidera à créer un compte gratuit sur VUDU, lui permettant ainsi d’accéder aux versions numériques des films sur cette même plateforme.
Ron Sander, Président de Warner Home Video, a déclaré que cette nouvelle offre aiderait les consommateurs à "prendre conscience des avantages du numérique".
Wal-Mart unveils pricing, launch date for disc-to-digital offering, de Sarah Barry James, SNL Kagan, 13 mars 2012
Emmanuel Libet
Vidéo à la demande (VoD) sur le câble : une opportunité qui n’a pas été saisie
Date: 03/04/2012
[caption id="attachment_9057" align="alignright" width="230" caption="La VOD sur le câble"]
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Des études récentes montrent que les câblo-opérateurs ont laissé passer une potentielle source de revenu importante en ne saisissant pas assez vite l’intérêt de la VoD. Ils auraient ainsi perdu des milliards de dollars en revenus publicitaires, tout en laissant le champ libre au développement d’alternatives over-the-top (OTT) comme Netflix (cf. l'article Les services TV Everywhere des câblo-opérateurs vs les offres Over the Top, Mediamerica, 10 novembre 2011).
The Diffusion Group (société qui propose des études de marché et du conseil) estime qu’actuellement, la VoD représente 1% du temps de visionnage de la télévision aux Etats-Unis, soit 3.6 milliards d’heures sur les 350 milliards regardées pendant l’année 2010. A titre de comparaison, Netflix a annoncé 2 milliards d’heures de visionnage en streaming au seul quatrième trimestre 2011, soit 80% de plus que le nombre d’heures vues en VoD rapportées par les câblo-opérateurs et opérateurs des télécommunications sur la même période.
Bien que les services de VoD du câble soient disponibles dans près de 52 millions de foyers aux Etats-Unis alors que 42.9 millions d’entre eux ont un enregistreur vidéo numérique (DVR), l’étude rapporte que l’usage du DVR est 8 fois supérieur à celui de la VoD. Cette situation n’est pas avantageuse pour les câblo-opérateurs et les publicitaires. En effet si la publicité est relativement protégée sur les services de VoD (il est impossible de l'éviter), elle l’est moins sur les DVR sur lesquels il est possible de la visionner en avance rapide.
En termes de chiffre d’affaires, le service de VoD Hulu a annoncé un revenu publicitaire de 263 millions de dollars en 2010, soit le double de celui enregistré par un câblo-opérateur comme Comcast ou un opérateur de télécommunications comme Verizon.
Analyste chez The Diffusion Group, Bill Niemeyer pense que si les opérateurs de la télévision payante avaient réalisé le potentiel de la VoD il y a 10 ans, au lieu de laisser aux services OTT une longueur d’avance, ce marché pourrait à présent valoir jusqu’à 6 milliards de dollars.
« Les services de VoD en ligne enregistrent désormais un nombre de visionnages importants, des revenus conséquents liés aux abonnements et à la publicité, et bénéficient de la loyauté de leurs utilisateurs – autant d’avantages dont les opérateurs de la télévision payante auraient pu bénéficier s’ils s’étaient préparés à l’inévitable : la concurrence venant d’Internet », explique Bill Niemeyer.
The Diffusion Group souligne également les nombreux problèmes qui handicapent la VoD depuis ses débuts sur la télévision payante, notamment l’absence de publicités dynamiques, de techniques de mesure adéquates et d’interfaces consommateurs attirantes. Les chaînes de télévision ont ainsi été découragées de faire un effort au-delà de leurs obligations contractuelles.
Bill Niemeyer critique aussi l’attitude des câblo-opérateurs qui, selon lui, se sont trop concentrés sur l’offre de TV Everywhere pour contrer les services comme Netflix et autres plateformes numériques, alors que le développement des services de VoD du câble aurait mieux protégé les valeurs de la télévision classique, ouvrant en même temps des opportunités pour la publicité interactive.
The Diffusion Group estime que Comcast, le premier câblo-opérateur et plus large fournisseur de VoD aux Etats-Unis, n’a pas enregistré de croissance dans la consommation de la VoD sur les cinq dernières années, alors que la société a doublé le contenu disponible sur sa plateforme. Comcast et Cablevision ont récemment annoncé séparément qu’ils allaient mettre à jour leur service et capacités de VoD avec de la publicité dynamique et interactive, même si les spécificités du déploiement n’ont pas été révélées pour l'instant.
Les opérateurs de satellite n’ont pas été inclus dans l’étude, leur offre de VoD étant considérée comme trop réduite.
Study: Cable industry fumbled VOD, de Andrew Wallenstein, Variety, 6 mars 2012
Sonia Droulhiole
FilmBuff ou la distribution alternative : quel contenu regarder et où le trouver ?
Date: 20/03/2012
[caption id="attachment_9048" align="alignright" width="230" caption="FilmBuff"]
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FilmBuff, filiale de Cinetic Rights Management, est un site Internet qui offre un service unique en son genre : représenter des films pour les vendre auprès des plateformes digitales.
FilmBuff propose donc au réalisateurs la gestion de ses droits digitaux, la négociation de la vente, l’encodage, le marketing ou encore la comptabilité.
La plateforme s’est spécialisée dans le contenu inédit, rare, et de qualité, qu’une équipe d’éditeurs sélectionne avec attention. Selon John Sloss, fondateur de Cinetic FilmBuff, c’est comme « si le plus cinéphile de vos amis vous programmait une liste de films sur Netflix et que cette liste était immédiatement disponible ».
FilmBuff repousse les limites de la distribution numérique pour offrir au public du contenu sur le plus de plateformes numériques possibles. Le contenu est en effet disponible sur de multiples supports dont la Xbox connectée à la télévision, l’iPad, le boîtier Roku ou le câble.
FilmBuff compte déjà plus d’un million de visionnages en streaming et téléchargements de films par mois, et 100 nouveaux films sélectionnés par an pour plus de 2000 proposés. Le service est désormais disponible pour plus de 45 millions de spectateurs via le câble et plus de 100 millions via Internet.
Le 7 décembre dernier, FilmBuff a annoncé le développement de son offre de vidéos en streaming et en location. Six nouveaux contrats ont été signés avec You On Demand (Chine), Nyoo TV (Inde), Voddler (Suisse), BigPond (Australie), FetchTV (Australie) et Rogers on Demand Online (Canada).
FilmBuff étaient déjà en partenariat avec les distributeurs internationaux LoveFilm, BlinkBox, iTunes UK, iTunes Canada et YouTube Canada.
La société a indiqué avoir sorti plus de 300 films sur des plateformes numériques comme Netflix, Hulu, Amazon VoD, Vudu et Cable Movies On Demand depuis 2008.
Les prochaines sorties internationales de FilmBuff sont le documentaire de Banksy The Antics Roadshow, le documentaire de Harry Shearer The Big Uneasy, le drame des frères Polonais For Lovers Only et le film indépendant The Green.
FilmBuff to expand streaming, rental distrib biz, de Sam Thielman et Dave McNary, Variety, 7 décembre 2011
FilmBuff set for movies, de Sharon Swart, Variety, 9 juillet 2009
Sonia Droulhiole
Les services de Vidéo à la demande sur Internet concurrencent ceux proposés par la télévision payante
Date: 20/03/2012
[caption id="attachment_8838" align="alignright" width="230" caption="VOD"]
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D’après le Groupe NPD (entreprise internationale d’études de marché), le marché de la Vidéo à la demande des locations payantes reste actuellement dominé par les services VoD proposés à la télévision.
Les services payants de VoD à la télévision ont en effet généré un revenu de 1.3 milliards de dollars en 2011, alors que la VoD sur Internet atteint un total de 204 millions de dollars.
Le marché de la VoD sur Internet gagne toutefois de l’ampleur. Si on considère les plateformes d’iTunes, Amazon, Vudu et autres, 7 millions d’utilisateurs ont eu accès aux services de VoD sur Internet, contre 40 millions pour les services VoD proposées par la télévision payante.
Et cela ne concerne pas seulement les films. Selon Russ Crupnick, senior veep of industry analysis pour le Groupe NPD, les utilisateurs des services de VoD sur Internet ont réduit de 12% le temps passé devant les émissions télévisées, les informations ou le sport à la télévision payante entre août 2010 et 2011. Les opérateurs de la télévision payante doivent donc désormais défendre leur programmation de films proposés en VoD mais également leur programmation classique.
Selon NPD, les utilisateurs trouvent que les services de VoD sur Internet proposent une meilleure sélection de titres et restent une meilleure option que les services de VoD de la télévision payante.
Ces résultats sont basés sur le service de localisation VideoWatch de NPD, qui ne prend pas en compte le visionnage payant ou gratuit des émissions télévisées, les offres de streaming par abonnement comme Netflix, ni les films proposés gratuitement dans les abonnements à la télévision payante.
Internet VOD challenges pay TV, de Todd Kushigemachi, Variety, 17 février 2012
Sonia Droulhiole
Netflix menace-t-il la télévision traditionnelle ?
Date: 19/03/2012
[caption id="attachment_7637" align="alignright" width="230" caption="Netflix sur iPad"]
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Netflix semble détourner de plus en plus les spectateurs de la télévision traditionnelle. La société a en effet récemment annoncé que ses abonnés, sur les marchés américains et internationaux, avaient regardé plus de 2 milliards d'heures de vidéo en streaming sur le site au quatrième trimestre 2011. Cela revient à 29 heures par mois et par abonné, comparé aux 146 heures par mois que les téléspectateurs américains passent devant la télévision traditionnelle.
Cette croissance spectaculaire dépasse de loin les attentes de Reed Hastings, CEO de Netflix, qui tablait sur un peu plus d’un milliard d’heures de visionnages en ligne au quatrième trimestre 2011. L’augmentation du visionnage en ligne n’est pas pour plaire aux Networks ni aux studios. Cela pourrait même compliquer à l’avenir les négociations avec les propriétaires de contenus : le service en ligne de Netflix apparaît, de plus en plus, comme une menace contre leur propre business model.
Reed Hastings affirme que Netflix n’est qu’une valeur ajoutée pour la télévision traditionnelle. Pourtant, alors que la société continue son expansion, elle pourrait être considérée, si ce n’est déjà le cas, comme un concurrent direct. Les téléspectateurs passent un temps limité à regarder des vidéos. Les Networks et Netflix se battent désormais pour récupérer ce temps.
Les abonnés de Netflix payent moins cher que les abonnés au câble par heure de contenu regardé. À 7,99 $ par mois, un abonné Netflix aux Etats-Unis paie environ 28 centimes par heure pour voir du contenu vidéo. Selon Nielsen, un abonné américain au câble passe en moyenne 146 heures devant sa télévision chaque mois, soit un coût moyen du visionnage de 53 centimes par heure. C’est donc presque deux fois plus que ce que paient les abonnés de Netflix. Un écart de coût que pourraient prendre en considération les propriétaires de contenu lors de prochaines négociations avec Netflix.
Le temps passé devant la télévision traditionnelle reste toutefois bien plus important que le temps passé à visionner du contenu vidéo sur Netflix : 146 heures par mois, soit 4,9 heures par jour, pour le téléspectateur moyen aux Etats-Unis.
Netflix, avec 29 heures de visionnage par mois et par abonné reste cependant loin devant les autres services de vidéo en ligne. Selon ComScore, un spectateur passe en moyenne 7,4 heures chaque mois sur Youtube et Hulu est encore loin derrière avec 3,3 heures par mois par abonné.
L’offre de Netflix, avec du contenu de longue durée et sans publicité, a plus de chance de contribuer à de longues séances de visionnage, les abonnés pouvant regarder des films et des épisodes de séries télévisées sans interruption pendant des heures, ce qui n’est pas le cas sur Hulu, par exemple.
L’année 2011 n’a pas été simple pour Netflix en raison de l’augmentation de ses tarifs et de la séparation ratée de ses services de location de DVD et de streaming (lire Netflix perd 800 000 abonnés et devrait entrer dans le rouge du 28 octobre 2011 et Les tergiversations de Netflix et les excuses de son Président du 11 octobre 2011). Pourtant, l’annonce du temps de visionnage en ligne montre que la société reste le premier service de vidéo sur Internet aux Etats-Unis.
Netflix eating into traditional TV viewing?, Perkin di Grazia, SNL Kagan, 9 janvier 2012
Nathalie Charles
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Le marché de l’entertainment aux Etats-Unis : évolution et stratégie des principaux acteurs en matière de vidéo à la demande
[caption id="attachment_2729" align="alignright" width="230" caption="Amazon Video-on-Demand"]
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Le marché de l’entertainment aux Etats-Unis a connu des évolutions importantes en 2011. Ces évolutions sont particulièrement visibles dans le domaine de la vidéo à la demande et du numérique. A l’heure où certains des géants américains du secteur regardent du côté de l’Europe, notamment Netflix et Amazon avec Amazon Prime, nous revenons sur les grandes tendances de l’année et l’actualité des grands groupes américains de ce secteur d’activités.
I – La location devant la vente de contenu
Au 1er semestre 2011, et pour la 1ère fois, la location de contenu a dépassé la vente au sein du marché du home entertainment aux Etats-Unis (Lire l'article VOD sur Internet : l’achat de contenu bientôt devancé par la location, 11 avril 2011). Parmi les différents systèmes de location, les services de streaming en ligne comme Netflix sont ceux qui connaissent la progression la plus importante.
Au cours de la première moitié de l’année 2011, le chiffre d’affaires des locations de films atteignait environ 4,2 milliards de dollars contre 4,1 milliards de dollars pour les achats physiques de DVD, selon le Digital Entertainment Group (DEG). Ce chiffre comprend les points de vente traditionnels, les kiosques tels que Redbox, les services de streaming sur abonnement tels que Netflix, et les services de VOD proposés par les chaînes du câble.
Le passage d’un marché dominé par la vente à un marché dominé par la location a eu lieu pendant la période de récession, mais ce phénomène semble persister : le secteur de la location a connu une croissance de 11% au cours des six premiers mois de l’année 2011. En revanche, les ventes de DVD ont subi une forte baisse, soit - 18.3% au cours du premier semestre.
Ainsi, les dépenses globales consacrées au secteur du home entertainment aux Etats-Unis ont diminué de 5% au cours de la première moitié de l’année 2011, pour atteindre 8,3 milliards de dollars contre 8,8 milliards sur la même période l’année dernière (Lire Home entertainment sales down 5%, Daily Variety, 8 août 2011). Malgré de nombreuses tentatives, les studios ont encore des difficultés à compenser avec les ventes de Blu-ray et de films en format numérique les pertes occasionnées par la chute des ventes de DVD.
II – La disparition du DVD au profit des formats numériques
Autre évolution importante au sein du marché du home entertainment, la disparition du DVD et des supports matériels au profit de contenu en version numérique. Les studios parient cependant sur le maintien du Blu-ray, notamment parce qu’il représente toujours la meilleure qualité d’image sur un grand écran de télévision et permet également de voir des films en 3D. Ainsi, les ventes de Blu-ray ont augmenté de 10% entre 2010 et 2011, selon le DEG, et il y a aujourd’hui près de 31,6 millions de lecteurs Blu-ray dans les foyers américains.
Cependant, les ventes de Blu-ray ne suffisent pas à compenser les pertes occasionnées par la chute des ventes de DVD et les studios ne souhaitent pas être dépassés par une évolution qui va dans le sens de l’immatériel et du numérique. C’est pourquoi ils concentrent leurs efforts sur le lancement de leur nouveau système de casier numérique, UltraViolet, qui devrait être lancé d’ici la fin de l’année 2011. Grâce à ce système, quand les consommateurs achèteront un film en version numérique, en DVD ou en Blu-ray, ils pourront ouvrir un compte gratuit sur Internet qui leur permettra ensuite de regarder leur film en streaming ou de le télécharger sur une grande variété d’appareils reliés à Internet (ordinateur, iPad, etc.).
UltraViolet a été développé par le Digital Entertainment Content Ecosystem (DECE) qui regroupe près de 70 studios, fabricants et revendeurs du secteur de l’audiovisuel (Lire l'article Un “casier numérique” pour le développement de l’offre à la demande, 04 mai 2010).
Alors que l’objectif qui a guidé le développement d’UltraViolet est la standardisation des formats (Lire l'article Les studios s’associent afin d’éviter une nouvelle guerre des formats, 13 décembre 2010), Disney a développé un système concurrent : Disney All-Access Keychest. Les responsables de Disney insistent sur le fait qu’il s’agit d’un format complémentaire et non pas concurrent à UltraViolet, mais cette situation pourrait tourner à une guerre des formats. En effet, les consommateurs qui possèderont un casier UltraViolet ne pourront pas regarder des films produits par Disney à partir du même casier numérique.
Face à l’explosion du numérique, qui, pour le directeur exécutif de DEG, devrait s’imposer en 2012 et 2013, les vendeurs s’attendent à vendre de moins en moins de lecteurs DVD et de DVDs. Ils espèrent, cependant, que le développement des films stockés sur le cloud leur permettra de vendre plus de télévisions à écran plat, de tablettes et autres appareils permettant le visionnage de films en numérique.
Les studios commenceront, pour leur part, à mettre l’accent sur les formats numériques à l’occasion des fêtes de fin d’année. Ils proposeront de manière de plus en plus systématique des coffrets contenant un Blu-ray accompagné d’un fichier numérique permettant d’accéder à un film sur UltraViolet ou sur All Access Keychest. Le prix de ces coffrets devrait avoisiner les 35$ et celui des fichiers numériques seuls devrait tourner autour de 15$, afin de rester compétitif avec les tarifs pratiqués par iTunes (Lire Hollywood's First Digital Christmas to Cause Pain, The Hollywood Reporter, 05 août 2011). Selon les professionnels des studios, le lancement de ces nouveaux formats est l’effort le plus sérieux entrepris par les studios pour remplacer le DVD qui domine le marché du home entertainment depuis presque 15 ans.
La stratégie des studios est donc en train d’évoluer, tout comme le système de distribution des films en format numérique aux Etats-Unis.
III – Positions et stratégies des principaux acteurs du secteur de la distribution en format numérique
A – Classement des principaux acteurs
L’iTunes d’Apple reste le n°1 de la vente de films en format numérique aux Etats-Unis sur la 1ère moitié de l’année 2011, selon IHS Screen Digest. Ainsi, 65,8% des ventes dans le secteur ont été enregistrées par iTunes, chiffre en légère hausse par rapport à la même période en 2010 où il était de 64,9% (Lire iTunes dominates digital movie sales, Daily Variety, 23 août 2011).
Selon le cabinet IHS, la légère progression d’iTunes dans le domaine de la vente de films en format numérique est due à la popularité grandissante de l’iPad et d’AirPlay (fonctionnalité disponible sur l’Apple TV depuis la fin de l’année 2010 et qui permet de connecter son iPad à un téléviseur en wifi). Toujours selon IHS, Zune Video Marketplace de Microsoft se place en deuxième position, mais régresse et représente désormais 16,2% de ce marché contre 18,5% en 2010. En revanche, Vudu grimpe de deux places dans le classement et se place en n°3 avec 5,4% des parts de marché contre seulement 1% l’année dernière. La société devrait en outre bénéficier d’une plus grande visibilité, grâce à son application lancée au mois d’août 2011. Le service de Walmart évince ainsi le PlayStation Store de Sony qui passe de 8,2% des parts de marché à 4,4%. Amazon se retrouve en 5ème position, avec 4,2% des parts de marché.
Facebook et YouTube, qui ont commencé à proposer des services de location à la carte en début d’année, ne parviennent pas encore à se hisser dans ce classement, tout comme Blockbuster, Best Buy et Sears. Une autre société ayant manifesté le désir d’entrer dans le domaine du numérique, Redbox, la société aux kiosques de location de DVD, n’a pas encore osé franchir le pas.
Selon IHS, la vente de contenu en numérique (Electronic Sell Through ou EST) devrait générer 247 millions de dollars de chiffres d’affaires en 2011 contre 240 millions en 2010. Si on ajoute à ce chiffre celui de la location à la carte, le secteur du numérique devrait générer 487 millions de dollars en 2011, soit un chiffre bien supérieur à celui enregistré en 2010 qui était de 385 millions de dollars.
Toutefois, à ce jour, le chiffre d’affaires généré par le secteur du numérique ne représente qu’une fraction du chiffre d’affaires généré par le secteur du DVD qui domine encore largement le home entertainment. En effet, les dépenses des Américains en matière de DVD sur la première moitié de l’année 2011 étaient de 3,87 milliards de dollars.
Netflix reste en tête des services de streaming sur abonnement et une étude réalisée au mois de février 2011 par le cabinet d’analyse NPD Group révélait que 61% des activités de streaming et de téléchargement aux Etats-Unis visaient le site Internet de Netflix. Apple se situe en 3ème position dans ce classement, à égalité avec DirecTV et Time Warner Cable, avec 4% de ce trafic, derrière Comcast qui génère 8% du trafic.
B – Actualité des grands groupes
1 – Apple :
Nouvelle de poids dans le domaine de la VOD, Apple a arrêté, au mois d’août 2011, la location de séries télévisées sur l’iTunes Store, un an après avoir lancé le service. Très controversée, cette offre permettait de louer des séries pour 99 cents (Lire Apple drops TV rentals from iTunes, Variety, 29 août 2011). Les séries seront désormais proposées à l’achat uniquement, mais il reste possible de louer des films.
Selon le porte-parole d’Apple, Tom Neumayr, la société a pris cette décision après que les consommateurs de l’iTunes Store ont montré qu’ils préféraient l’achat à la location pour les séries télévisées. Certaines sources parlent même d’un échec : la faible différence de prix entre l’achat et la location de séries télévisées, soit, respectivement, 2,99$ et 0,99$, ne poussait pas les consommateurs à louer. Cela n’est pas le cas pour les films, pour lesquels les prix, pour une nouveauté, sont de 3,99$ pour la location et de 14,99$ pour l’achat.
Autre raison, certainement significative, de ce revirement : aucun studio n’a suivi ABC et Fox et accepté de s’associer avec Apple sur ce projet, malgré les invitations répétées de la société à la pomme.
L’abandon de ce service va sans aucun doute rassurer les studios qui considéraient qu’une offre à 99 cents par location dévaluait la valeur des séries pour la diffusion desquelles les chaînes du câble et les networks paient des millions. D’autre part, les studios craignaient qu’Apple ne fasse concurrence aux offres de télévision payante qui contribuent de manière considérable à leur chiffre d’affaires.
2 – Amazon :
Amazon a lancé son service de location de contenu vidéo sur abonnement, Amazon Prime, au mois de février 2011. Alors qu’il proposait 5 600 titres à l’époque, il en compte aujourd’hui 9000, soit une hausse de près de 61% en quelques mois. Son offre représente donc aujourd’hui la moitié du catalogue en streaming de Netflix qui a pourtant lancé son service il y a plus de 4 ans. Amazon ne communique pas sur le nombre d’abonnés à son service, mais selon Gene Munster de la banque d’investissement Piper Jaffray, ils seraient environ 5 millions. Selon les derniers chiffres publiés par Hulu, Hulu Plus en aurait 1 million, et Netflix a récemment annoncé que la société compterait 24 millions d’abonnés à la fin du mois d’octobre 2011 dont 22 millions utilisateurs du streaming.
Pour 79$ par an, soit 6,58$ par mois, Amazon Prime propose à ses abonnés le visionnage de contenu en streaming illimité et la livraison gratuite et rapide de leurs achats en ligne. Le fait que ces deux services soient réunis sous le même nom crée la confusion pour certains consommateurs, mais il est probable qu’Amazon prévoit de les dissocier après avoir testé l’efficacité du service vidéo. Selon certains, c’est à ce moment-là qu’Amazon menacera sérieusement Netflix. Toutefois, la société de Jeff Bezos pourrait être plus ambitieuse et avoir pour objectif de dépasser non seulement Netflix, mais également le géant des médias numériques : Apple.
3 – Netflix :
Après avoir pris place sur le marché canadien en 2010, la compagnie dirigée par Reed Hastings vient de lancer ses services en Amérique latine : depuis le début du mois de septembre 2011, Netflix est accessible au Brésil, en Argentine, au Chili et en Colombie. Les autres pays du continent devraient suivre dans les prochaines semaines.
La société se prépare également à se lancer en Europe, notamment en Espagne et au Royaume Uni. Bien que la société n’ait pas commenté ses rumeurs, il semble que le lancement soit prévu pour 2012, ce que confirment la signature d’un accord pluri-annuel avec le distributeur Lionsgate UK et des pourparlers avec d’autres fournisseurs de contenu en Europe et en Asie (Lire Netflix's Europe Problem, The Hollywood Reporter, 26 août 2011). Toutefois, l’Europe n’est pas un territoire facile à conquérir pour Netflix et ce pour plusieurs raisons.
D’abord, parce que l’offre de VOD est bien plus importante en Europe, aujourd’hui, qu’elle ne l’était aux Etats-Unis en 2007, quand Netflix a été lancé sur ce marché. Bien qu’aucun des acteurs européens du secteur n’ait la taille de Netflix, plusieurs ont la capacité de faire face à la société aux enveloppes rouges. LoveFilm, qui propose un service similaire à celui de Netflix au Royaume Uni, a conquis près de deux millions d’abonnés. Il est soutenu par Amazon, son actionnaire majoritaire.
D’autre part, BSkyB au Royaume Uni, contrôlé par News Corp., et Canal Plus en France (qui sont des opérateurs de télévision payante) possédent les droits pour de nombreux films sur toute la zone et une base d’abonnés fidèles. La question des droits pourrait donc ralentir la progression de Netflix. Quand Hulu avait tenté de s’implanter en Europe, la société avait dû faire face à la réticence des propriétaires de contenu.
L’autre obstacle est constitué par les infrastructures. En effet, le haut débit, nécessaire pour pouvoir visionner les programmes en streaming sur Netflix, n’est pas accessible partout en Europe.
Quoi qu’il en soit, si Netflix veut tenter sa chance, il faudra que la société le fasse rapidement, car la concurrence, elle, n’attend pas. Le groupe suédois de VOD Vlodder lance son service en Espagne à l’automne et LoveFilm entend développer son activité en Europe.
Autre actualité de poids pour Netflix : la société Starz a annoncé qu’elle ne renouvellerait pas son contrat concernant le streaming de ses titres sur Netflix une fois l’accord actuel expiré, soit après fin février 2012 (Lire l'article Netflix perd Starz et près de 1000 titres disponibles en streaming, 14 septembre 2011). La défection de Starz ampute gravement le catalogue de films de Netflix, soit près de 1 000 titres au total, dont certaines des sorties les plus récentes des studios Disney et Sony. Reed Hastings, le PDG de Netflix, a tenté de minimiser l’impact de l’annonce du non-renouvellement du contrat avec Starz en s’appuyant sur le fait que le visionnage des contenus apportés par Starz était en repli de 8% et que l’argent ainsi économisé serait réinvesti dans d’autres contenus audiovisuels. Ce retrait place Epix, qui apporte les catalogues de Paramount, Lionsgate et MGM, en position de principal partenaire de la société aux enveloppes rouges.
Le retrait de Starz n’est pas la seule mauvaise nouvelle de la rentrée pour Netflix : suite à la hausse de ses tarifs au mois d’août 2011 et à l’annonce, au mois de septembre, de la séparation de son service de VOD et de son service de location de DVD (rebaptisé Qwickster), la société a dû revoir ses attentes à la baisse pour la fin de l’année 2011. Après avoir évalué à 25 millions le nombre de ses abonnés d’ici fin octobre 2011, la société a baissé ce chiffre d’un million. Ainsi, selon les estimations de Netflix, la société comptera, à ce moment-là, 24 millions d’abonnés, soit 21,8 millions d’abonnés pour le streaming, 14,2 millions pour les DVD, 9,8 millions d’abonnés au service de streaming uniquement, 2,2 millions d’abonnés au service de DVD uniquement et 12 millions d’abonnés aux deux services.
Ces chiffres à la baisse et la chute de la valeur des actions de Netflix (- 57% ces deux derniers mois, Netflix Shares Sink Again as Analysts Dig Into Qwikster and Blockbuster Sets Press Event, The Hollywood Reporter, 20 septembre 2011) ont certainement joué un rôle dans le revirement de la société puisque, trois semaines après avoir annoncé la séparation des services et la création de Qwickster, la société a annoncé, à la mi-octobre, qu’elle renonçait à ces transformations. Reed Hastings a brièvement justifiée cette décision en expliquant que la création de Qwickster était prématurée et qu’il ne fallait pas précipiter les choses.
La société poursuit cependant son développement, notamment en matière de streaming. Ainsi, Netflix a annoncé, au mois de septembre, la conclusion d’un accord avec Dream Works Animation afin de diffuser les films du studio en streaming à partir de 2013. Cet accord remplace celui que le studio avait auparavant avec la chaîne payante HBO et qui aurait dû s’achever en 2014. C’est la 1ère fois qu’un important fournisseur de contenu d’Hollywood fait le choix d’une diffusion en streaming sur Internet, plutôt que sur une chaîne de télévision payante.
De la même manière, Netflix a récemment signé un accord avec la chaîne câblée AMC et avec Discovery Communications (Netflix, Discovery in streaming deal for TV shows, Reuters, 21 septembre 2011). C’est la 1ère fois que Discovery signe un accord pour la diffusion intégrale de ses programmes en streaming sur Internet en dehors de ses propres sites Internet.
C - Le rachat de Hulu : une affaire qui stagne
Autre question qui agite l’industrie de l’entertainment aux Etats-Unis, la vente du géant Hulu (Lire l'article Le site de VOD Hulu mis en vente, 07 juillet 2011). Avec 26,7 millions de visiteurs uniques chaque mois, Hulu représente un acteur important du secteur de la VOD sur Internet aux Etats-Unis. Toutefois, sa structure actuelle, en tant que propriété de Disney, News Corp. et Comcast, en rend la gestion compliquée. En effet, dès sa création, en 2007, Hulu a eu du mal à trouver son équilibre, entre le désir des consommateurs de regarder des programmes gratuitement en ligne, et les intérêts de ses propriétaires qui cherchent à préserver la valeur de leurs programmes.
Ainsi, les propriétaires du site l’ont mis en vente au début du mois de juillet 2011 et les spéculations vont bon train depuis le début de l’été concernant le potentiel acquéreur. En effet, celui-ci, en éliminant les conflits d’intérêt actuellement inhérents au site Internet, pourrait empiéter sur le terrain de Netflix.
Toutefois, la « saga de l’été » a subi un contre coup au début du mois de septembre. La question des droits des programmes diffusés actuellement sur le site, un écart important entre les offres des acquéreurs potentiels et les attentes des propriétaires du site et la mise à l’écart de Yahoo dans cette course ont en effet mis un frein au processus de vente.
Selon un responsable du secteur, la clé du rachat de Hulu est la question du contenu. Les nouvelles offres qui ont été faites à la fin du mois de septembre reflèteraient donc la valeur que les potentiels acquéreurs attribuent au contenu proposé par Hulu et à sa technologie. Ces offres, qui s’échelonneraient entre 1,5 et 2 milliards de dollars, seraient actuellement à l’étude chez les conseillers financiers de Hulu (Hulu Sale Is Debated, The Wall Street Journal, 09 octobre 2011).
Les candidats au rachat les plus sérieux sont Google, Amazon et DISH Network. Yahoo, qui était, jusqu’au mois de septembre, considéré comme un des repreneurs les plus sérieux, aurait retiré son offre. Après le licenciement de la CEO de la société, Carol Bartz, la compagnie semble avoir d’autres priorités et les vendeurs de Hulu auraient certainement été réticents à l’idée de céder leur compagnie à une société en pleine restructuration.
Toutefois, certains analystes ayant une connaissance approfondie du sujet et de la société, ont mentionné la possibilité que les propriétaires de Hulu renoncent à vendre le site. Le conseil d’administration de la société étudierait actuellement d’autres options et devrait se prononcer à ce sujet d’ici la fin de l’année 2011.
Conclusion :
L’industrie de l’entertainment aux Etats-Unis est en pleine mutation. Même si certaines évolutions restent incertaines, les grandes tendances se dessinent : la place accrue de la location, qui se substitue à l’achat dans les habitudes des consommateurs, l’invasion du numérique, qui remplace les supports matériels et dans lequel les studios ont décidé d’investir, et une concurrence accrue entre les principaux acteurs du secteur, avec de nouveaux arrivants comme Vudu et Facebook. Ces tendances ont un impact sur l’industrie mondiale de l’entertainment et ce poste continuera de les suivre avec attention.
Géraldine Durand
