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Conférences du Festival DOC NYC : la distribution de documentaires sur plateformes numériques

Date: 08/12/2011



Festival DOC NYC

La distribution sur plateformes numériques offre une panoplie de nouvelles options aux réalisateurs de documentaires. Toutefois, il n’est pas certain que ces formes de diffusion soient très rémunératrices, même si les panélistes réunis lors d’un débat intitulé The State of Digital, organisé dans le cadre du deuxième festival de documentaires DOC NYC, étaient plutôt optimistes sur cette question.

A titre d’exemple, Matt Denler, Directeur de la programmation de FilmBuff, site de vidéo à la demande qui propose également des services de gestion de droits numériques aux réalisateurs, explique que sa société ne travaillera pas avec un réalisateur de documentaire si elle n’a pas la conviction que celui-ci récupèrera au moins 50 000 voire 100 000$ de cette exploitation numérique. La compagnie FilmBuff n’acquiert pas les droits des films, mais s’est spécialisée dans la vente aux services numériques et partage ses bénéfices avec les réalisateurs qu’elle représente. Une de ses success stories est Exit Through the Gift Shop de Banksy qui a généré 700 000$ de revenus au cours de sa première année d’exploitation sur plateformes numériques.

L’une des plateformes importantes dans ce domaine est Snagfilms, qui diffuse du contenu gratuitement, en s’appuyant sur la publicité et sur des sponsors. Comme l’a expliqué Andrew Mer, VP of Content Partnerships, le catalogue de Snagfilms compte 2 500 documentaires et films indépendants, déjà accessibles sur iPad, grâce à une application qui est la 7ème la plus téléchargée sur iPad dans le secteur de l’entertainment. Les contenus de Snagfilms seront disponibles sur 40 autres appareils mobiles d’ici la fin de l’année 2011.

La question de la rémunération se pose toujours quand on évoque une diffusion sur support gratuit. Pour Andrew Mer, Snagfilms est une plateforme destinée à faire connaître le travail de réalisateurs, mais ne leur permettra effectivement pas de réaliser des bénéfices. D’ailleurs, FilmBuff préfère d’abord opter pour les plateformes payantes, en pay per view, avant de sortir le film sur les services gratuits ou sur abonnement. Toutefois, la société a déjà enregistré des résultats encourageants, grâce aux services de ce type et Netflix a déjà payé des sommes importantes pour certains films.

La compagnie New Video/Docurama est un distributeur de documentaires renommé, mais son travail dans le monde du numérique est moins connu. Susan Margolin, Co-Présidente de la société définit son activité dans ce domaine comme celle d’un « agrégateur numérique » qui distribue des films à Snagfilms, iTunes, Netflix et autres sites Internet dans le monde. Selon elle, les modes de distribution doivent être adaptés à chaque film et ceux-ci sont difficiles à prévoir. Certains films remportent un gros succès sur iTunes, mais pas sur les plateformes sur abonnement, comme cela a été le cas pour Helvetica de Gary Hustwit, un documentaire sur la typographie et le graphic design qui a trouvé son public sur iTunes auprès d’une communauté de fans composée essentiellement de graphic designers.

Selon Lisa Schwartz, Executive Vice President Distribution de IFC Films, le distributeur américain a également recours à des modèles de distribution hybrides. Les quelques 100 films distribués chaque année par IFC Films passent presque tous en salles avant une diffusion en numérique sur SundanceNOW. Cette plateforme de location de films proposera bientôt un service sur abonnement qui permettra aux abonnés de voir une sélection des meilleurs documentaires distribués par IFC Films et autres distributeurs.



DOC NYC - Panel "State of Digital" ©Tony Voisin



Tous les panélistes sont tombés d’accord sur le fait que faire un bon film est le meilleur gage de réussite, sur les plateformes de distribution numériques, comme sur tout autre support, mais que mieux communiquer sur les réseaux sociaux est également un bon moyen de toucher le public. Pour Matt Dentler de FilmBuff, tous les réseaux sociaux ne sont pas forcément efficaces pour tous les services. Par exemple, si Twitter fonctionne bien pour les films sur Amazon Instant Video, c’est Facebook qui est le plus efficace avec Hulu, car il est possible d’incruster (embed) le Hulu player sur les pages Facebook. D’autre part, travailler avec une personnalité qui a de très nombreux abonnés sur Twitter peut être un atout. Susan Margolin a également recommandé des services moins connus comme Prescreen, site qui propose un nouveau titre chaque jour à ses inscrits et offre la possibilité de le louer sous 60 jours, avec un tarif préférentiel si le film est loué tôt, et Constellation, site de virtual theater (cinéma virtuel) qui propose des projections programmées sur Internet suivies de discussions avec les réalisateurs ou acteurs des films. Ces deux sites ont intégré différents réseaux sociaux.

Les opportunités pour les réalisateurs dans le secteur du numérique sont donc en progression, même si Lisa Schwartz estime qu’il y a plus d’opportunités sur Internet pour les indépendants que pour les Majors.

Matt Dentler, de FilmBuff, précise cependant que les services comme iTunes ou Vudu doivent être enthousiasmés par votre film pour le mettre en avant sur leur plateforme ce qui n’est pas le cas pour Netflix et Hulu, par exemple, sur lesquels la recherche du contenu est plus « démocratique ».

Andrew Mer, de Snagfilms, décrit les films comme des « labyrinthes de droits » : si un réalisateur parvient à trouver son chemin dans ce labyrinthe et à promouvoir son travail, il a la possibilité de faire fructifier son rêve créatif.

Enfin, Susan Margolin, de New Video, voit le lancement d’une centaine de chaînes de télévision sur Google, ainsi que tous les développements récents dans le domaine des télévisions connectées et de la TV Everywhere, comme un bouleversement tectonique, comparable à la naissance de l’industrie du câble aux Etats-Unis. Pour elle, cela va apporter du sang neuf dans le domaine de la création.

Géraldine Durand


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1 - Conférences du Festival DOC NYC : ce que recherchent les chaînes de télévision américaines en matière de documentaires « Mediamerica | 08.12.11

[…] à ce genre. Ainsi, au cours des deux conférences qui ont suivi, The State of Theatrical et The State of Digital, Internet est apparu comme le nouveau canal incontournable et surtout rentable pour la diffusion de […]


2 - Conférences du festival DOC NYC 2012 : la distribution des documentaires en salles et sur plateformes numériques « Mediamerica | 08.12.11

[…] rapport à l’année dernière (lire l’article Conférences du Festival DOC NYC : la distribution de documentaires sur plateformes numériques), la tendance est toujours la même. La révolution numérique autant sur les supports de diffusion […]


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