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La lutte contre le contenu illégal sur YouTube : état des lieux

Date: 19/03/2013

Selon le Wall Street Journal, des centaines de films des plus grands studios hollywoodiens ont été visionnés des centaines de millions de fois l’année passée sur YouTube, qui demeure le site de vidéo en ligne le plus populaire du monde. En décembre 2012, il a attiré quelque 153 millions de visiteurs uniques aux Etats-Unis, lesquels ont visionné 13,2 milliards de vidéos (dont des films Wall Disney et Sony Corp. mis sur le site illégalement) avec une moyenne de 6,5 heures par mois, selon l’entreprise de recherche comScore.

YouTube se défend pourtant farouchement contre ces attaques et met en avant ses efforts en faveur des ayants-droit. Introduit en 2007, son système Content ID est conçu pour repérer le contenu téléchargé illégalement. Il est désormais utilisé par plus de 4000 entreprises de média et a identifié plus de 200 millions de vidéos sous copyright depuis son lancement. Selon Google, Content ID scanne l’équivalent de 100 années de vidéos chaque jour et utilisent plus de 8 millions de fichiers références (c’est-à-dire plus de 500 000 heures de matériel). Une fois le contenu signalé à l’ayant-droit, celui-ci peut demander à ce qu’il soit retiré ou monétisé, par l’ajout de publicités. Ainsi, selon YouTube, plus d’un tiers des vues monétisées sur son site ont été repérées par Content ID. Une porte-parole de YouTube a récemment déclaré que la société a « beaucoup investi dans des outils de gestion de contenu pour donner aux ayants-droit un contrôle accru sur leur contenu. Grâce aux entreprises utilisant Content ID, nous agrandissons continuellement notre base de données avec des millions de fichiers de référence pour alimenter notre système automatique. » Les entreprises utilisant ce système en sont globalement satisfaites, mais constatent tout de même que certains individus mettant des vidéos sur YouTube de façon illégale parviennent à manipuler la bande-son ou la vidéo pour contourner la détection par le système.

Il faut rappeler que YouTube est toujours en procès avec Viacom. En 2007, le groupe de médias a lancé des poursuites contre YouTube, réclamant plus d’un milliard de dollars de dommages et intérêts pour violation du droit d’auteur. Un tribunal de première instance avait alors accordé une immunité totale à YouTube en 2010 en s’appuyant sur le Digital Millennium Copyright Act de 1998. Cette loi stipule que les sociétés qui fournissent un service sur Internet, comme les hébergeurs ou les fournisseurs d’accès Internet, ne sont pas tenues pour responsables quand leurs utilisateurs enfreignent le droit d’auteur, à condition que ces fournisseurs de services respectent certaines conditions. Ils doivent notamment réagir rapidement quand un ayant-droit leur demande de retirer son contenu du site. En avril 2012, une Cour d’appel (2nd U.S. Circuit Court of Appeals) a renversé ce jugement en concluant qu’un « jury raisonnable » (reasonnable jury) pourrait estimer que le site appartenant à Google était conscient du partage illégal de contenus piratés par ses utilisateurs.

Viacom n’est pas la seule entreprise à avoir attaqué YouTube pour violation du droit d’auteur ; Football Association Premier League Ltd s’en est aussi plaint en prenant pour base la diffusion illégale de 79000 vidéos sur YouTube entre 2005 et 2008 (pour plus d’informations sur le procès, voir YouTube vs Viacom : un procès qui met en jeu l’avenir de la législation anti-piraterie et d’Internet aux Etats-Unis).

YouTube Rife With Pirated Movies : Report, de by Todd Spangler, Multichannel, 7 février 2013

Reappearing on YouTube : Illegal Movie Uploads, de Amir Efrati, The Wall Street Journal, 8 février 2013

Viacom’s YouTube Suit Back in Play, de Todd Spangler, Multichannel, 9 avril 2012

comScore Releases December 2012 U.S. Online Video Rankings, comScore, 14 janvier 2013

Laura Pertuy


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