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Les changements du paysage audiovisuel suite au rachat de YouTube par Google

Date: 09/11/2006

Le récent rachat du site YouTube -élu meilleure invention de l’année par le Time Magazine- par le moteur de recherche Google, pour 1,6 milliards de dollars, laisse augurer d’importants changements au sein de l’industrie audiovisuelle du fait de l’attrait grandissant de la vidéo online et des possibilités publicitaires qui en découlent. Les grands décideurs du monde de la télévision, qui trouvaient jusqu’alors le site fascinant, sans aller toutefois jusqu’à imaginer un tel scénario, devront désormais prendre en compte ce nouveau partenaire Google–YouTube, qui se positionne à présent en rival à tous les niveaux, depuis la vente publicitaire jusqu’aux budgets de production et la distribution. Comme le résume le consultant Tom Wolzien, « jusqu’à ce que quelqu’un applique un modèle financier sur YouTube, il n’était une menace pour personne, or Google a apporté ce modèle». Du fait de cette alliance plusieurs secteurs du paysage audiovisuel sont susceptibles d’évoluer.

Tout d’abord, le marché de la publicité online (dont l’expansion le fait estimer à 25 milliards de dollars par an pour 2010) laisse entrevoir la possibilité d’une nette évolution, tant au niveau des coûts de production que de la programmation (même si en comparaison, l’industrie TV gagne près de 70 milliards de dollars par an en revenus publicitaires). La télévision classique, elle, plus linéaire, est beaucoup plus vulnérable par rapport à la vidéo à la demande, et les publicitaires qui recherchent pourront trouver en YouTube une plateforme de vente publicitaire au riche potentiel, si Google arrive à appliquer à la vidéo son système de publicités contextuelles. Non que l’achat de YouTube puisse dans l’immédiat venir « saper » la valeur de la publicité traditionnelle de la télévision : la question reste plutôt centrée sur les possibilités stratégiques d’alliances entre les chaînes et le géant de la publicité sur Internet, et la façon dont pourraient être répartis les revenus (Google essayant de prendre le contrôle du marché publicitaire sur les sites des chaînes de TV en proposant sa technologie de publicités visées). Le rachat de YouTube devrait également fortement intéresser ces chaînes qui pourront rentabiliser leur contenu via ce système de distribution online, en attirant plus de gens vers leurs programmes.

Concernant les droits des vidéos musicales, si Google-Youtube a désormais des accords en place avec trois des principales compagnies de disques pour diffuser ses vidéos (Universal Music Group, Sony BMG Entertainment et CBS Corp -un accord ayant déjà été annoncé avec Warner Music Group), la question de la violation de copyrights est devenue une priorité pour les studios. Or si YouTube dans son organisation antérieure pouvait se permettre de tels litiges, il n’en est pas question pour l’image de Google qui, avec un chiffre d’affaires de 130 milliards de dollars, serait une cible bien plus vulnérable. Aussi pour se prémunir des contenus postés illégalement, Youtube est en train de développer une technologie qui peut à la fois marquer et refuser le contenu « copyrighté » -via la création de clés qui permettent d’identifier le caractère illégal du contenu-, et qu’il mettra à disposition des networks afin que ces derniers repèrent d’eux-mêmes les vidéos incriminées, (ce qui a conduit récemment YouTube à supprimer 29 549 documents vidéo à la demande de Sony pour problème de droits d’auteur).

Dans un futur proche on peut également envisager que Google dispose de moyens technologiques et de l’infrastructure nécessaire pour proposer la vente de packages de chaînes et assurer éventuellement une diffusion du câble sur Internet. Enfin le deal entre Google et YouTube va modifier la balance des pouvoirs entre les networks et les producteurs indépendants, notamment en ce qui concerne la production et la distribution) à cause de la présence de publicités sur les vidéos online. A noter enfin l’annonce faite début novembre par Chad Hurley, le directeur général et cofondateur de YouTube, qui affirme qu’offrir des services vidéo sur les téléphones portables constitue l’un des objectifs du groupe pour 2007. L’acquisition de YouTube par Google ouvre donc un champ de possibilités considérable pour le moteur de recherche, grâce aux univers de la publicité, de la production et de la distribution. De profonds changements sont donc à venir…

Antonin CHEF
Sources : Broadcasting & Cable Magazine 16/10/06


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