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Les partenaires de YouTube en demande de changement

Date: 17/09/2013


YouTube

Ces derniers temps, les partenaires et fournisseurs de contenus de YouTube veulent une plus grande part du gâteau dans le partage des recettes publicitaires, ainsi qu’une plus grande indépendance dans la gestion et la promotion de leurs vidéos.

La première grogne de certains partenaires vient du partage des recettes publicitaires. Selon l’analyste Mark Mahaney du cabinet RBC Capital Markets, les revenus de YouTube seraient de 5 milliards de dollars en 2013 (soit 11% du chiffre d’affaires total de Google). L’accord de base entre YouTube et ses partenaires prévoient que ceux-ci reçoivent 55% des revenus liés à la publicité diffusée sur le site, le reste des 45% allant à YouTube. Certains se plaignent ainsi que YouTube profite de sa position de leader de la vidéo sur Internet pour imposer ses conditions.

De surcroît, de plus en plus de plateformes de vidéos en ligne apparaissent et proposent des conditions bien plus avantageuses. C’est par exemple le cas d’iTunes ou de Hulu. Cependant iTunes ne diffuse pas de publicité, et le « business model » de Hulu est différent de celui de YouTube. Mais les fournisseurs de contenu, étant arrivés à la conclusion qu’ils doivent désormais miser sur plusieurs distributeurs, étudient les alternatives à YouTube

Par ailleurs, certains partenaires profitant de meilleurs accords avec YouTube (pouvant obtenir jusqu’à 65% des revenus publicitaires) souhaitent prendre des distances avec le site de partage. Selon certaines sources, précise le journal Variety, ce serait le cas de Sony Pictures Television, Crackle et Vevo, ce dernier étant détenu conjointement par Sony Music Entertainement et Universal Music Group.

Vevo génère plus de 4 milliards de vues par mois via ses 15 000 chaînes accessibles sur YouTube. Mais de plus en plus de ses vidéos sont visionnées sur d’autres plateformes, y compris sur l’application smartphone Vevo. Au bout du compte, plus de 35% des vidéos de Vevo vues aux Etats-Unis sont regardées par un autre moyen que YouTube. Faisant ce constat, le Président de Vevo, Rio Caraeff, cherche à obtenir plus d’indépendance et à bâtir une image de marque en dehors du cercle du site de streaming.

Parmi les critiques faites à YouTube, certaines sont venues de Jason Calacanis, PDG de Inside.com. C’est l’un des plus gros fournisseurs en vidéos de YouTube, produisant des programmes tels que « Wellcast » dans la catégorie « animé », ou « XHIT » dans le sport. Après s’être vu refusé une augmentation de la part qui lui revient en recettes publicitaires, Calacanis pointait du doigt sur son blog le montant des 45% encaissé par le site, ainsi que son contrôle jugé abusif sur la promotion des vidéos, la publicité, et la gestion du nombre de vues, limitant l’action des créateurs de contenu.

YouTube a répondu, pour justifier les 45% de ses parts de recettes, qu’ils doivent supporter d’énormes « coûts d’infrastructure » (qui incluent la bande passante, l’hébergement des vidéos, les « video players ») afin d’alimenter chacun de leurs sites spécifiques dans 56 pays et en 61 langues.

Le responsable du contenu et des « business operations » de YouTube Robert Kyncl a également signalé que les revenus des partenaires en ligne ont augmenté de 60% ces dernières années, dans un marché de la publicité pour la vidéo en ligne en forte croissance.

Peter Csathy, PDG de Manatt Digital Media (un réseau multi-chaînes, MCN), fait cependant remarquer que les fournisseurs de vidéos en ligne ont parfaitement le droit de refuser les accords de YouTube. Mais ils savent que ce dernier est un acteur clé pour approcher directement le consommateur. YouTube ne fait que fixer sa part de revenus en prenant en compte sa part de marché : un milliard d’utilisateurs viennent fréquenter YouTube chaque mois, un nombre qui ne fait qu’augmenter. Dès lors, les entreprises de médias continuent d’investir malgré les plaintes de certains.

Le PDG du « MCN » Collective Digital Studio, Reza Izad, note que YouTube est l’une des rares sociétés parmi les principaux acteurs de l’Internet à faire profiter autant ses partenaires. « La différence entre YouTube et Facebook, c’est que YouTube vous paie », précise-t-il.

Pour l’executive chairman de Maker Studios (autre MCN), Ynon Kreiz, le modèle de YouTube continue d’évoluer. Il affirme que chez YouTube « on continue encore de réfléchir à un modèle commercial équilibré ».

YouTube Content Partners Want to Reduce Their Reliance on the Video Site, de Todd Spangler, Variety, 17 juillet 2013.

Myriam Laville


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