[caption id="attachment_5367" align="alignright" width="230" caption="Miami International Film Festival"]
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La 29ème édition du Miami International Film Festival (MIFF), plus grand festival émanant d’un établissement universitaire américain (Miami Dade College), a eu lieu du 2 au 11 mars 2012. Le MIFF programme en majorité des films étrangers avec une riche sélection de documentaires et de court-métrages ainsi que de nombreuses conférences et ateliers.
Aujourd’hui, il est considéré comme étant le festival ibéro-américain le plus important en Amérique du Nord. Au total, ce sont plus de 100 films de 35 pays, programmés sur 11 jours et générant près de 70,000 entrées.
3,071 spectateurs se sont rendus aux projections des 7 films et coproductions français (long et court) répartis sur 14 séances :
Les Hommes Libres d’Ismael Farouki ; Porfirio d’Alejandro Landes ; Café de Flore de Jean-Marc Vallé ; Bonsái de Cristián Jimenez ; Le Gamin au vélo de Jean Pierre et Luc Dardenne ; Catharsis de Cédric Prevost et La Femme du Vème de Pawel Pawlikowski. Diffusés dans divers lieux à travers la ville (Tower Theater, Regal South Beach Cinemas et O Cinemas), les salles étaient combles à chaque séance.
Avec le soutien du service culturel de l’ambassade de France, le MIFF a invité le réalisateur français, Cédric Prévost, pour la projection de son court-métrage Catharsis qui a obtenu le grand prix du jury du meilleur court-métrage (University of Miami Grand Jury Award for Best Short Film). Son film a déjà obtenu le Grand Prix Unifrance du meilleur court-métrage en 2011 et a été primé dans d’autres festivals (Ebensee en Autriche, Kansk en Russie et Cern en Suisse).
La coproduction Bonsai de Cristián Jiménez (Chili, Argentine, Portugal, France) a obtenu le prix du meilleur film ibéro-américain (Knight Foundation Grand Jury Prize) ainsi que le prix du meilleur scénariste (Jordan Alexander Ressler Screenwriting Award).
Directeur du festival depuis 2011, Jaie Laplante a fait un clin d’œil à ses origines québécoises en présentant un focus sur le cinéma québécois, « Spotlight on Quebec » avec Café de Flore de Jean-Marc Vallé, Monsieur Lazhar de Philppe Falardeau, Le Vendeur de Sébastien Pilote et Starbuck de Ken Scott.
Malgré de nombreux changements de direction ces dernières années, le MIFF reste le festival ibéro-américain des Etats-Unis avec un nombre de films étrangers excédant le nombre de productions américaines (sur 100 films, il y a près de 70 coproductions et films étrangers).
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La 29ème édition du Miami International Film Festival (MIFF), plus grand festival émanant d’un établissement universitaire américain (Miami Dade College), a eu lieu du 2 au 11 mars 2012. Le MIFF programme en majorité des films étrangers avec une riche sélection de documentaires et de court-métrages ainsi que de nombreuses conférences et ateliers.
Aujourd’hui, il est considéré comme étant le festival ibéro-américain le plus important en Amérique du Nord. Au total, ce sont plus de 100 films de 35 pays, programmés sur 11 jours et générant près de 70,000 entrées.
3,071 spectateurs se sont rendus aux projections des 7 films et coproductions français (long et court) répartis sur 14 séances :
Les Hommes Libres d’Ismael Farouki ; Porfirio d’Alejandro Landes ; Café de Flore de Jean-Marc Vallé ; Bonsái de Cristián Jimenez ; Le Gamin au vélo de Jean Pierre et Luc Dardenne ; Catharsis de Cédric Prevost et La Femme du Vème de Pawel Pawlikowski. Diffusés dans divers lieux à travers la ville (Tower Theater, Regal South Beach Cinemas et O Cinemas), les salles étaient combles à chaque séance.
Avec le soutien du service culturel de l’ambassade de France, le MIFF a invité le réalisateur français, Cédric Prévost, pour la projection de son court-métrage Catharsis qui a obtenu le grand prix du jury du meilleur court-métrage (University of Miami Grand Jury Award for Best Short Film). Son film a déjà obtenu le Grand Prix Unifrance du meilleur court-métrage en 2011 et a été primé dans d’autres festivals (Ebensee en Autriche, Kansk en Russie et Cern en Suisse).
La coproduction Bonsai de Cristián Jiménez (Chili, Argentine, Portugal, France) a obtenu le prix du meilleur film ibéro-américain (Knight Foundation Grand Jury Prize) ainsi que le prix du meilleur scénariste (Jordan Alexander Ressler Screenwriting Award).
Directeur du festival depuis 2011, Jaie Laplante a fait un clin d’œil à ses origines québécoises en présentant un focus sur le cinéma québécois, « Spotlight on Quebec » avec Café de Flore de Jean-Marc Vallé, Monsieur Lazhar de Philppe Falardeau, Le Vendeur de Sébastien Pilote et Starbuck de Ken Scott.
Malgré de nombreux changements de direction ces dernières années, le MIFF reste le festival ibéro-américain des Etats-Unis avec un nombre de films étrangers excédant le nombre de productions américaines (sur 100 films, il y a près de 70 coproductions et films étrangers).
Kimberley Gaultier
Paysage Audiovisuel
Lecture numérique aux Etats-Unis : évolutions et tendances
Date: 07/05/2012
Selon une étude publiée par le Pew Research Center’s Internet & American Life Project au mois d’avril 2012, en février 2012, un cinquième des adultes américains (21%) auraient lu un e-book au cours des 12 mois précédents, contre 17% mi-décembre. Ce chiffre a augmenté suite aux fêtes de fin d’année, période qui a vu une multiplication des ventes de tablettes et lecteurs numériques comme les Kindles et Nooks. Le nombre d’Américains possédant un e-book est ainsi passé de 10%, en décembre 2011, à 19%, en janvier 2012. Début 2012, 29% des plus de 18 ans possédaient soit un e-book, soit une tablette (Lire Tablettes numériques : des ventes qui doublent en un mois et des utilisateurs qui consomment plus, Médiamérica, 05 mars 2012). L’essor des e-books dans la culture américaine est un signe de l’évolution plus générale vers le numérique. 43% des Américains âgés de plus de 16 ans disent avoir lu un e-book ou du contenu « long » comme des magazines, journaux, etc. sur un lecteur numérique, une tablette, un ordinateur classique ou un téléphone portable, au cours de l’année 2011. La lecture numérique se fait en effet sur une grande variété de plateformes : 42% des lecteurs utilisent un ordinateur, 41% un lecteur numérique, 29% un téléphone portable et 23% une tablette. Les lecteurs de contenu numérique sont aussi des lecteurs qui lisent plus, soit une moyenne de 24 livres sur les 12 mois précédents, contre 15 pour un lecteur sur papier. 30% de ceux qui lisent du contenu numérique disent qu’ils passent désormais plus de temps à lire, plus particulièrement les détenteurs de lecteurs numériques et tablettes. Par ailleurs, 54% des lecteurs de livres papier préfèrent acheter qu’emprunter, contre 61% des lecteurs de livres numériques. La lecture d’e-books est en croissance, mais les livres papier dominent encore le marché. Dans le sondage de décembre 2011, 72% des Américains disent avoir lu un livre papier au cours de l’année 2011, contre 17% un e-book et 11% un audiobook. D’ailleurs, 88% de ceux qui lisent des e-books ont aussi lu des livres papier en 2011. Les gens préfèrent essentiellement les e-books quand ils veulent un accès rapide à un ouvrage, mais préfèrent le format papier pour lire à leurs enfants et partager le contenu. La disponibilité du contenu numérique reste cependant un problème pour certains. 43% des Américains qui lisent du contenu numérique sont satisfaits, mais 24% disent qu’ils ne trouvent que rarement, peu souvent ou pas du tout les titres recherchés. The rise of e-reading, de Lee Rainie, Kathryn Zickuhr, Kristen Purcell, Mary Madden et Joanna Brenner, Pew Internet, 4 avril 2012 Lire le rapport complet en cliquant ici.Sonia Droulhiole
Microsoft et Barnes & Noble s’accordent pour développer le marché des liseuses Nook
Date: 04/05/2012
Microsoft investira 300 millions de dollars dans une entreprise à créer avec la chaine de librairie leader aux Etats Unis Barnes & Nobles. Selon le communiqué diffusé conjointement le 30 avril par les deux groupes, Microsoft détiendra 17,6% de la nouvelle entité destinée à promouvoir le développement des liseuses numériques Nook de Barnes & Noble. Cet accord met un terme à la plainte déposée par Microsoft en 2011 accusant Barnes & Noble d’utiliser une partie de ses technologies pour le développement de la liseuse Nook. En vertu de l’accord, Microsoft développera une application Nook sur Windows 8 (attendu pour juin prochain) contre le paiement de royalties. Barnes & Noble entend par cet accord acquérir une dimension beaucoup plus internationale, portée par Windows 8 alors que les applications Nook ne sont aujourd’hui disponibles, hors liseuse, qu’au travers des appareils sous Android et iPad d’Apple. Cet accord consacre également l’amorce d’une forme de séparation des activités numériques du libraire de celle de ses magasins de livres. Confronté à la vive concurrence d’Apple et de Google (liseuse Kindle) sur le marché des liseuses, Barnes & Noble a massivement investi en 2011 et étendu sa distribution aux chaines Target et Wall Mart, propulsant ses ventes de liseuses de +32% à 420 millions de dollars. Avec l’apport de Microsoft les activités numériques de Barnes & Noble seront valorisées 1,7 milliard de dollars.Service Economique Régional de Washington
Cinéma
Le Festival international du Film de Miami 2012
Date: 15/05/2012
[caption id="attachment_5367" align="alignright" width="230" caption="Miami International Film Festival"]
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La 29ème édition du Miami International Film Festival (MIFF), plus grand festival émanant d’un établissement universitaire américain (Miami Dade College), a eu lieu du 2 au 11 mars 2012. Le MIFF programme en majorité des films étrangers avec une riche sélection de documentaires et de court-métrages ainsi que de nombreuses conférences et ateliers.
Aujourd’hui, il est considéré comme étant le festival ibéro-américain le plus important en Amérique du Nord. Au total, ce sont plus de 100 films de 35 pays, programmés sur 11 jours et générant près de 70,000 entrées.
3,071 spectateurs se sont rendus aux projections des 7 films et coproductions français (long et court) répartis sur 14 séances :
Les Hommes Libres d’Ismael Farouki ; Porfirio d’Alejandro Landes ; Café de Flore de Jean-Marc Vallé ; Bonsái de Cristián Jimenez ; Le Gamin au vélo de Jean Pierre et Luc Dardenne ; Catharsis de Cédric Prevost et La Femme du Vème de Pawel Pawlikowski. Diffusés dans divers lieux à travers la ville (Tower Theater, Regal South Beach Cinemas et O Cinemas), les salles étaient combles à chaque séance.
Avec le soutien du service culturel de l’ambassade de France, le MIFF a invité le réalisateur français, Cédric Prévost, pour la projection de son court-métrage Catharsis qui a obtenu le grand prix du jury du meilleur court-métrage (University of Miami Grand Jury Award for Best Short Film). Son film a déjà obtenu le Grand Prix Unifrance du meilleur court-métrage en 2011 et a été primé dans d’autres festivals (Ebensee en Autriche, Kansk en Russie et Cern en Suisse).
La coproduction Bonsai de Cristián Jiménez (Chili, Argentine, Portugal, France) a obtenu le prix du meilleur film ibéro-américain (Knight Foundation Grand Jury Prize) ainsi que le prix du meilleur scénariste (Jordan Alexander Ressler Screenwriting Award).
Directeur du festival depuis 2011, Jaie Laplante a fait un clin d’œil à ses origines québécoises en présentant un focus sur le cinéma québécois, « Spotlight on Quebec » avec Café de Flore de Jean-Marc Vallé, Monsieur Lazhar de Philppe Falardeau, Le Vendeur de Sébastien Pilote et Starbuck de Ken Scott.
Malgré de nombreux changements de direction ces dernières années, le MIFF reste le festival ibéro-américain des Etats-Unis avec un nombre de films étrangers excédant le nombre de productions américaines (sur 100 films, il y a près de 70 coproductions et films étrangers).
Kimberley Gaultier
1ère édition du Festival Ghett’out à Boston et New York
Date: 15/05/2012
[caption id="attachment_9188" align="alignright" width="230" caption="Ghett'out Film Festival 2012"]
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La première édition du Festival Ghett’out, dont le but était de présenter et de valoriser aux Etats-Unis de nouveaux talents du cinéma français indépendant qui émergent loin du système classique, a eu lieu du 5 au 12 avril 2012 à Boston et New York.
Ce festival a été créé à l’initiative d’Alain Kassanda, au départ poète et slammeur, mais aussi organisateurs de festivals de cinéma, notamment « A hauteur d’enfant », et programmateur du cinéma les 39 marches à Sevran, dans la banlieue parisienne. Son projet était de faire connaître aux Etats-Unis une nouvelle génération de cinéastes français, autodidactes, issus pour la plupart de l’immigration et originaires des quartiers populaires, et de « faire sortir ces films d’un ghetto culturel, social, de diffusion ».
Alain Kassanda a choisi dans un premier temps de concentrer l’expérience sur les deux villes, relativement proches, que sont Boston et New York. Pour donner le plus de retentissement possible à cette opération, il a entrepris de solliciter le parrainage et la présence du cinéaste américain Charles Burnett, figure majeur du « Black Independant Movement », connu notamment pour Killer of Sheep. Par ailleurs, fort de ce soutien, il a su gagner la confiance de salles qui étaient naturellement adaptées au type de programmation qu’il proposait : le Brattle Theater à Cambridge (près de Boston), et la BAMcinématek à New York. Au total 9 séances de projection sur 3 jours ont été proposées au Brattle, et 7 à la BAMcinématek.
Enfin, notamment grâce au soutien du SCAC, Alain Kassanda a pu prendre des contacts fructueux avec de grandes universités des deux villes (Harvard, Emerson, Boston University Wellesley, Columbia) qui se sont notamment montrés séduites par la perspective d’organiser des master classes autour de Charles Burnett et des trois cinéastes invités pour l’occasion, Soufiane Adel, Sylvain George et Stéphane ElMadjian (qui a du renoncer à venir à la dernière minute, pour des raisons de santé). Les différents professeurs ont su mobiliser leurs élèves à la rencontre de ces cinéastes atypiques, et ont tenu à assister à la plupart des projections du festival. De véritables liens se sont ainsi noués entre les départements de cinéma impliqués et les cinéastes présents, ainsi qu’avec Alain Kassanda, et il est plus que probable que la collaboration se prolongera à l’avenir, sous une forme ou une autre, sachant qu’une deuxième édition du festival est sérieusement envisagée.
Anne Miller
Télévision
Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis
Date: 15/05/2012
[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"]
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Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne.
Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années.
Modèles de distribution utilisés :
Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010.
La console de jeu vidéo
La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer.
La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live.
Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console.
Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés
Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année.
Les boîtiers
Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur.
Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002).
Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes.
Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées :
La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ».
Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet.
Conclusion :
Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015.
D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé.
Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près.
Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu.
Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.
Géraldine Durand
Chute spectaculaire de l’audience de Nickelodeon : le signe d’une crise au sein des chaînes pour enfants aux Etats-Unis ?
Date: 14/05/2012
[caption id="attachment_1715" align="alignright" width="230" caption="Nickelodeon"]
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L’audience des chaînes pour enfants sur le câble pour les 6-11 ans a baissé de 13% au cours du 1er trimestre 2012 et fait suite à une baisse de 6% au cours du dernier trimestre 2011.
Nickelodeon au cœur de la tourmente
La chaîne Nickelodeon, propriété de Viacom, a été particulièrement touchée par cette baisse. Au 4ème trimestre 2011, elle a enregistré une chute de 17% de son audience sur les 2-11 ans, son cœur de cible, par rapport au 4ème trimestre 2010. Au 1er trimestre 2011, la baisse était de 25% par rapport à la même période l’année précédente.
Les conséquences de cette baisse ont été fortement ressenties par la société propriétaire de la chaîne, Viacom, qui a constaté une chute des recettes publicitaires de ses chaînes de 3% au cours du dernier trimestre 2011. Suite à la publication de ces chiffres, le CEO du groupe, Philipp Dauman, a précisé que les recettes publicitaires auraient été en hausse si les chiffres de Nickelodeon n’avaient pas été pris en compte.
Pour certains, c’est la programmation de Nickelodeon qui est en cause, avec des séries comme Bob l’éponge et Dora l’exploratrice, programmes phares de la chaîne, diffusées respectivement depuis 1999 et 2000. Bob l’éponge peut, selon les périodes, représenter 30 à 40% de la programmation de la chaîne. Ainsi, beaucoup pensent qu’un renouvellement des programmes de Nickelodeon serait nécessaire.
D’autres se demandent si les services en streaming comme Netflix ne seraient pas responsables de cet effondrement. En effet, la plateforme Internet a récemment enrichi son catalogue d’un grand nombre de programmes pour enfants. Ainsi, plusieurs saisons de Bob l’éponge, le programme phare de Nickelodeon, sont disponibles sur de nombreuses plateformes. Ces services sont par ailleurs plébiscités par les enfants lorsqu’ils consultent une tablette ou un ordinateur. Près de 70% des enfants de moins de 12 ans vivant dans des foyers équipés de tablettes les utilisent régulièrement et 51% des enfants âgés de 5 à 8 ans, tous foyers confondus, sont sur ordinateur plusieurs fois par semaine.
Les modes de visionnage sont donc beaucoup plus fragmentés qu’il y a quelques années, avec, à la télévision, l’apparition de chaînes comme The Hub et le succès de sa série Le Petit Poney (La stratégie de The Hub pour étendre son audience, Médiamérica, 19 mars 2012), sans compter la popularité croissante de PBS Kids Sprout et de Cartoon Network. Nickelodeon possède aussi les chaînes TeenNick, Nicktoons et Nick Jr. qui ont pu cannibaliser une partie de son audience. Et la situation ne devrait pas s'améliorer avec le lancement récent, par Disney, d’une nouvelle chaîne, Disney Junior, destinée aux 2-5 ans (Lire Disney lance une nouvelle chaîne : Disney Junior, Médiamérica, 26 avril 2012). Pour Robert Thompson, Professeur à Syracuse University, « si on considère le nombre de services en ligne et à la télévision qui permettent aujourd'hui de regarder des programmes pour enfants, il est normal que Nickelodeon n’ait pas les mêmes taux d’audience qu’il y a 10 ans ».
Vers une meilleure exploitation des franchises
Bien que la tendance semble se confirmer pour tous les groupes d’âge (selon Nielsen, l’audience totale pour les moins de 12 ans a baissé de 2,9% en 2011 par rapport à 2010), les responsables des chaînes affirment que les chiffres de Nielsen ne correspondent pas aux leurs. Quoi qu’il en soit, les chiffres de Nielsen, vrais ou faux, représentent de l’argent et bien que les responsables du câble aient du mal à l’admettre, leur objectif principal pourrait bientôt se transformer d’une lutte pour capter des parts d’audience, à une recherche de moyens pour amortir la baisse d’audience en utilisant leurs franchises différemment.
Ainsi, la chaîne Cartoon Network cherche à être présente sur toutes les plateformes, même si elle ne met aucun programme en ligne. La chaîne pour enfants est en effet fortement opposée à tout service sur abonnement en streaming, considérant que cela pourrait créer de la concurrence aux opérateurs de la télévision payante et/ou aux publicitaires. La position de Cartoon Network reflète celle du groupe qui en est propriétaire, Time Warner, qui pousse fortement pour le développement de l’initiative TV Everywhere.
De son côté, Disney a lancé de nouvelles chaînes sur YouTube où la société propose du contenu original en partie basé sur l’application Where’s My Water, un véritable succès. Bien que YouTube soit une destination privilégiée pour les enfants, ni Nickelodeon, ni Cartoon Network ne semblent prêter attention à la plateforme. Plus surprenant encore : les chaînes pour enfants sont presque totalement absentes de Hulu qui apparaît pourtant comme un site Internet idéal pour le contenu pour enfants.
De la même manière, les chaînes se méfient beaucoup de l’iPad sur lequel il n’y a quasiment aucune innovation. Nickelodeon propose quelques applications éducatives et des jeux liés à des programmes comme Dora l’exploratrice et Bob l’éponge, mais aucune application pour regarder le contenu de la chaîne dans son intégralité. Cartoon Network propose une application pour regarder ses programmes avec un système d’authentification. Disney a plusieurs jeux populaires sur iPhone et iPad, mais bien qu’il soit possible d’acheter des films Disney pour visionnage sur iPad, ce n’est pas le cas pour les séries.
Toutefois, le fait de multiplier les déclinaisons d’une marque ne porte pas toujours ses fruits. Les 28 jeux de Cartoon Network liés à Ben 10, une de ses franchises les plus populaires, ont été vendus à un peu plus de 10 millions d’exemplaires, un chiffre bien loin des 131 millions d’exemplaires du jeu Call of Duty vendus par Activision, par exemple. De la même manière, le jeu vidéo Epic Mickey de Disney, exclusivement sur Wii, s’est vendu à seulement 2,5 millions d’unités.
Mais il y a aussi, bien sûr, des success story. Au mois d’août 2011, la fiction télévisée Phineas and Ferb: Across the Second Dimension a enregistré le chiffre de 7,6 millions de spectateurs. Quand Disney a ajouté les chiffres du DVR, l’audience est passée à 10,7 millions de spectateurs, ce qui souligne bien ce que tout parent sait déjà : quand un enfant aime un programme à la télévision, il le regarde encore, et encore, et encore.
Cela représente une leçon pour tout le secteur : l’entertainment multiplateforme est ce que tout le monde recherche, y compris les enfants. S’ils ne peuvent le trouver par le biais des chaînes de télévision, ils iront le chercher ailleurs.
Playing in the Stream, de Sam Thielman, Adweek, 25 mars 2012
The Curious case of Nickelodeon’s ratings, de Sarah Barry James, SNL Kagan, 22 février 2012
Nickelodeon: Too much 'SpongeBob' vs. too much Netflix, de Sarah Barry James, SNL Kagan, 09 mai 2012
Géraldine Durand
VOD
Netflix : des résultats financiers en baisse, mais un nombre d’abonnés en hausse
Date: 15/05/2012
[caption id="attachment_2487" align="alignright" width="230" caption="Netflix"]
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L’année 2011 a été difficile pour Netflix, suite à l’augmentation de ses tarifs et à la séparation avortée de ses services de location de DVD et de streaming : la société a perdu près de 800 000 abonnés au cours du troisième trimestre 2011. Toutefois, l’année 2012 s’annonce sous de meilleurs hospices, même si la société a enregistré sa première perte nette depuis 2005.
- Un nombre d’abonnés en constante augmentation et une percée hors des Etats-Unis
A la fin du premier trimestre 2012, Netflix annonçait un total de 26,1 millions d’abonnés aux Etats-Unis, soit une progression de 14,4% par rapport à la même période un an auparavant. La société enregistre ainsi une hausse de 1,7 millions d’abonnés américains au cours du trimestre, contre seulement 220 000 abonnés additionnels au troisième trimestre 2011.
16 millions d’abonnés américains (61,3% du total) ont fait le choix d’une offre en streaming uniquement, 7,4 millions paient pour une offre en streaming et l’accès à au moins un DVD et 2,7 millions ont opté pour la location de DVD seulement.
Le nombre d’abonnés au service de location de DVD a diminué de près de 1,1 million sur le trimestre. Or, ce sont ces clients qui sont les plus intéressants financièrement pour Netflix puisqu’ils paient, en moyenne, 10,03$ par mois contre 7,49$ pour ceux ayant choisi pour une offre en streaming uniquement.
Sur le marché international, Netflix comptabilise 3,1 millions d’abonnés, une progression de presque 282% par rapport au premier trimestre 2011 (Netflix a lancé son offre au Canada à la fin de l’année 2010, puis au Royaume Uni, Irlande et dans 43 pays latino-américains au cours de l’année 2011). Ces abonnés rapportent un peu moins que les clients américains, puisqu’ils paient en moyenne 5,88$ par mois (seul le service en streaming est disponible hors du territoire américain).
Lors de l’annonce des résultats, fin mars 2012, les dirigeants de Netflix ont souligné le développement rapide du service l’international. Ils ont également précisé que la progression était plus importante au Royaume Uni et en Irlande qu’en Amérique latine et au Canada. Enfin, ils ont annoncé que le service avait enregistré des records en temps de visionnage par abonné sur le trimestre (Lire >Netflix menace-t-il la télévision traditionnelle ?, Médiamérica, 19 mars 2012).
Au total, la société comptait, à la fin du mois de mars 2012, près de 29,1 millions d’abonnés à travers le monde. Elle prévoit d’en compter environ 7 millions de supplémentaires d’ici la fin de l’année 2012.
- Les premières pertes nettes depuis 7 ans
Suite à d’importants investissements en achat de contenu et pour le développement international de la société, Netflix a annoncé, à la fin du mois de mars 2012, sa première perte nette depuis 2005. Ainsi, la société a annoncé un chiffre d’affaires de 869,8 millions de dollars sur le premier trimestre 2012, un chiffre en hausse de 21% par rapport au premier trimestre 2011, mais en légère baisse par rapport au dernier trimestre 2011 (875,6 millions de dollars). Le chiffre qui a marqué les esprits est celui de 764,9 millions de dollars, montant total dépensé par Netflix au cours de ce trimestre pour le streaming du contenu et qui représente déjà un tiers de ce que la société avait dépensé en 2011 à cet effet. D’autre part, la société a annoncé des pertes s’élevant à 103 millions de dollars sur ses opérations à l’international contre 60 millions au cours du quatrième trimestre 2011. Au total, Netflix a annoncé des pertes nettes s’élevant à 4,6 millions de dollars. La société espère cependant retrouver l’équilibre au cours du deuxième trimestre 2012.
- Une expansion internationale qui se poursuit
Les marchés internationaux sont ceux où Netflix enregistre ses plus grosses pertes d’un point de vue financier et la société évalue à deux ans le temps nécessaire pour qu’elle parvienne à l’équilibre financier sur ces territoires. Pourtant, c’est aussi sur ces marchés que la société enregistre sa plus forte progression en termes d’abonnés. Ses dirigeants ont annoncé, début 2012, que le service serait lancé sur un nouveau territoire, en Europe, d’ici la fin de l’année. Toutefois, aucune précision n’a été ajoutée sur l’identité de ce pays.
- Accessibilité de Netflix
Cela fait plusieurs années que Netflix multiplie les applications afin d’être accessible sur un maximum de plateformes. Selon le site Internet de la société, aux Etats-Unis, Netflix est disponible sur plus de 50 appareils différents. Le service a en effet développé des applications pour consoles de jeux vidéo (PS3, Wii, Xbox 360), pour une quinzaine de lecteurs Blu-ray connectés, pour une dizaine de téléviseurs HD connectés, pour une quinzaine de boîtiers dont Roku, Boxee, Apple TV et Google TV, pour plusieurs téléphones portables (Android, iPhone, Windows) et pour tablettes (iPad, Nook, Kindle Fire).
Conclusion :
Selon une étude publiée au mois d’avril 2012 par le cabinet d’analyse Sandvine, Netflix est la principale source de trafic sur Internet sur ordinateur aux Etats-Unis avec presque un quart du volume total quotidien (24,4%) et près d’un tiers (32,9%) pendant les heures d’affluence. YouTube de Google est en première position pour les réseaux Internet mobiles avec 23,4% du trafic journalier.
Ainsi, malgré ses aléas financiers, Netflix reste un acteur de poids dans le paysage audiovisuel américain et la société entend bien poursuivre son incroyable progression sur un nombre croissant de territoires et d’appareils.
Netflix US streaming subs up 9.3% in Q1, de Deana Myers, SNL Kagan, 1er mai 2012
Netflix announces Q1 earnings, more international expansion plans, de Kyle Daly, SNL Kagan, 23 avril 2012
Géraldine Durand
Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis
Date: 15/05/2012
[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"]
[/caption]
Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne.
Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années.
Modèles de distribution utilisés :
Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010.
La console de jeu vidéo
La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer.
La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live.
Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console.
Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés
Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année.
Les boîtiers
Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur.
Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002).
Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes.
Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées :
La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ».
Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet.
Conclusion :
Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015.
D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé.
Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près.
Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu.
Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.
Géraldine Durand
Radio
Le modèle économique des radios sur Internet : un “pacte suicidaire”
Date: 19/03/2012
[caption id="attachment_9023" align="alignright" width="230" caption="Spotify"]
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L’intégration de Spotify à Facebook au mois de septembre 2011 a permis au service d’écoute de musique en streaming gratuit, accessible aux Etats-Unis depuis le mois d’août 2011, de récupérer 4 millions d’utilisateurs supplémentaires en l’espace de 6 semaines.
Le mois suivant, d’autres services gratuits similaires, Turntable.fm, qui permet d’écouter de la musique à plusieurs, en direct, sur Internet, et Myxer Social Radio, service d’écoute de musique en streaming, étaient lancés. De la même manière, MOG, site communautaire d’écoute et de partage de musique, et Rdio, service d’écoute de musique en streaming, jusqu’alors sur abonnement, lançaient des versions gratuites de leurs sites (tous ces sites sont accessibles uniquement depuis les Etats-Unis). Clear Channel, conglomérat de médias, numéro un de la radio FM et AM aux Etats-Unis, a également lancé, au même moment, une nouvelle version de son site Internet iHeartRadio, qui permet d’écouter plus de 850 radios en direct et de créer ses propres listes de chansons. Même Pandora, en tête des radios sur Internet aux Etats-Unis, en a profité pour étendre les limites d’écoute gratuite sur son site de 40 à 320 heures par mois.
Toutefois, la gratuité de ces services leur coûtent cher et ils sont dans une situation délicate où plus ils ont du succès, plus ils perdent de l’argent. Les services de musique en ligne, appelés aussi radios Internet, paient cher le droit de proposer des chansons en streaming. La société Pandora, par exemple, n’est pas parvenue à dégager un bénéfice avant novembre 2011, soit 10 ans après sa création, notamment à cause d’accords onéreux qui exigent de la société qu’elle paie des droits à chaque fois qu’une chanson est diffusée. Il est difficile pour les services de couvrir leurs dépenses à cause de ces arrangements que certains ont qualifiés de « pacte suicidaire ».
Les revenus liés aux abonnements, qui permettent généralement l’accès à une version sans publicité des sites, ne permettent pas de combler l’écart entre coût et chiffre d’affaires. C’est pourquoi ces services ont besoin des revenus de la publicité et tentent notamment de récupérer les dépenses publicitaires jusqu’alors consacrées aux radios traditionnelles : c’est, pour les services en streaming, une question de survie.
Selon la société d’analyse eMarketer spécialisée dans le web, la radio sur Internet (hors Pandora et Spotify) aurait engrangé 800 millions de dollars en revenus publicitaires en 2011 contre 15,7 milliards de dollars pour la radio traditionnelle. Les chiffres des radios sur Internet sont certes bien moindres, mais ils progressent de presque 20% par an et eMarketer estime qu’ils devraient atteindre 1,6 milliard de dollars en 2015.
Toutefois, l’usage des services de musique en streaming progresse plus rapidement que leurs revenus publicitaires. Selon une étude menée par la société de conseil en management Accenture en 2010, dans les marchés parvenus à maturité comme la France, l’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis, l’écoute de musique en ligne fait partie des activités les plus répandues sur Internet, avec le visionnage de vidéos et les jeux vidéo. Aux Etats-Unis, 89 millions de personnes écoutent la radio sur Internet chaque mois et 57 millions chaque semaine, un chiffre qui a doublé tous les 5 ans depuis 2001, selon Arbitron, société d’analyse spécialisée dans les médias, et Edison Research, entreprise de recherche en investissement. Le site Pandora représente, à lui seul, 4,3% des parts de marché pour la radio sur Internet aux Etats-Unis. Ses 100 millions d’utilisateurs ont écouté de la musique pendant 2,1 milliards d’heures au 3ème trimestre 2011, soit plus de deux fois plus que sur la même période en 2010. Ainsi, ces services sortent de leurs niches et tentent de toucher tous les supports, que ce soit les téléphones mobiles ou les véhicules (Lire La radio sur Internet Pandora dans la majorité des véhicules américains d’ici 5 à 7 ans, Médiamérica, 23 janvier 2012).
Ils essaient aussi de gagner du terrain sur le marché publicitaire. La publicité a toujours représenté la principale source de revenus de Pandora. Pour le 4ème trimestre 2011, 66 millions de ses 75 millions de dollars de chiffre d’affaires provenaient de la publicité (pour seulement 668 000$ de bénéfices).
En ce qui concerne Spotify, seulement 2,5 millions de ses 10 millions d’utilisateurs à travers le monde ont opté pour un abonnement à 4,99$ par mois pour un service sans publicité. En 2010, Spotify a enregistré 99 millions de dollars de chiffres d’affaires dont 71 millions dérivés des abonnements. La société a payé légèrement plus que son chiffre d’affaires en droits de diffusion.
Toutefois, selon la société Digitas, spécialisée dans le marketing sur Internet, la capacité de cibler l’auditeur, qui va bien au-delà de celle permise par la radio traditionnelle, est un avantage considérable pour les radios sur Internet. Ainsi, la société pousse certains de ses clients à déplacer leurs dépenses publicitaires de la radio traditionnelle vers la radio sur Internet. Les auditeurs ayant le contrôle de la musique qu’ils écoutent, cela permet aux publicitaires d’avoir une idée de leur état d’esprit, de leur humeur, et de mieux cibler l’offre. Toutefois, pour convaincre de nouveaux clients, il faudrait que ces radios puissent définir précisément leur nature, chose qui n’est pas toujours aisée. Ce manque de définition claire peut représenter un obstacle pour certaines sociétés.
Selon Jeff Haley, CEO du Radio Advertising Bureau qui rassemble 6000 stations de radios aux Etats-Unis et promeut la publicité à la radio, l’autre difficulté réside dans le fait que l’audimat des radios sur Internet et celui des radios traditionnelles sont calculés avec des méthodologies très différentes.
Face à ces obstacles, les services en streaming tentent de proposer des offres innovantes et de plus en plus engageantes. Ainsi, le service gratuit de MOG propose des publicités interactives permettant aux utilisateurs de gagner des crédits s’ils regardent des bandes annonces de films ou écoutent une liste de lecture créée par une marque. Autre service d’écoute de musique en streaming gratuit, Grooveshark fait 70% de son chiffre d’affaires grâce à la publicité et le reste en vendant des données sur l’écoute de ses auditeurs aux artistes, labels et agents. Le site propose également à ses utilisateurs de gagner des crédits en répondant à des questionnaires sur la musique.
Quelle que soit la stratégie adoptée par ces services, il est indéniable que les nombreuses options proposées poussent les auditeurs à délaisser la radio traditionnelle. La possibilité, pour les radios sur Internet de remplacer les radios traditionnelles demeure cependant incertaine. Pour les responsables de ces dernières, la menace n’existe pas. Ainsi, pour Lew Dickey, CEO de Cumulus Media, le deuxième opérateur de radio aux Etats-Unis avec 570 radios, les radios sur Internet sont des menaces pour les ventes de CD et de musique en ligne, mais pas pour les radios locales gratuites que 93% d’Américains écoutent encore chaque semaine. Pourtant, Cumulus a fait son entrée dans le monde du numérique en s’associant avec Clear Channel, permettant ainsi à ses auditeurs d’écouter ses radios sur le site iHeartRadio.
Pour certains, l’opposition entre radio sur Internet et radio traditionnelle n’a pas lieu d’être en ce qui concerne le marché publicitaire, car elles seraient complémentaires. Selon Eyal Goldwerger, CEO de Targetspot, le plus important réseau de publicités audio sur Internet aux Etats-Unis, quand un publicitaire choisit d’ajouter une campagne sur radio Internet à une campagne sur radio traditionnelle, cela multiplie le taux de réponse par 3,5, et quand il fait l’inverse, cela le multiplie par 2. C’est une coopération entre ces deux marchés que la société préconise. Cette opinion semble être partagée par d’autres puisque le Radio Advertising Bureau vient d’entamer une collaboration avec l’Internet Advertising Bureau, Association internationale dédiée à la promotion de la publicité interactive.
Ainsi, les publicitaires semblent n’avoir d’autre choix que d’aller là où les auditeurs sont, c’est-à-dire sur les plates-formes numériques et traditionnelles. Pour les sites Internet, la difficulté sera de survivre assez longtemps pour bénéficier de cette évolution.
Streaming Music Has a Problem—It's a Huge Success, d’Erin Griffith, Adweek, 10 janvier 2012
Géraldine Durand
RFI disponible par téléphone aux Etats-Unis dans 6 nouvelles langues
Date: 14/03/2012
[caption id="attachment_3884" align="alignright" width="230" caption="RFI"]
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Lancé en 2009 suite à la signature d’un accord entre Radio France Internationale et l’opérateur américain Audionow, le service de RFI par téléphone aux Etats-Unis permet d’écouter RFI sur simple appel téléphonique, sans avoir besoin de recourir aux réseaux 3G, 4G ou WiFi, et pour le pris d’une communication normale.
Les programmes de RFI étaient, jusqu’à présent, disponibles en français et en anglais, et il était également possible d’écouter Monte Carlo Doualiya en arabe. Toutefois, suite au succès du service, RFI a lancé, le 1er mars 2012, la diffusion de bulletins d’information en six nouvelles langues : espagnol, haoussa, mandarin, persan, swahili et vietnamien.
Pour profiter de ce service, il suffit de composer les numéros de téléphone suivants :
832.225.5397 RFI en anglais (dernier journal)
832.225.5395 RFI en espagnol (dernier journal)
832.225.5399 RFI en français (en direct, 24h / 24)
832.225.5398 RFI en français (dernier journal)
832.225.5392 RFI en haoussa (dernier journal)
832.225.5391 RFI en mandarin (dernier journal)
832.225.5394 RFI en persan (dernier journal)
832.225.5393 RFI en swahili (dernier journal)
832.225.5396 RFI en vietnamien (dernier journal)
832.225.5390 Monte Carlo Doualiya en arabe (en direct, 24h/24)
832.225.5389 Monte Carlo Doualiya en arabe (dernier journal)
Ecouter RFI aux Etats-Unis en plusieurs langues, de Noëlle Velly, 1er mars 2012
Géraldine Durand
Musique
Succès confirmé pour le Festival SXSW à Austin
Date: 09/05/2012
[caption id="attachment_9162" align="alignright" width="230" caption="SXSW 2012"]
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Le festival SXSW a confirmé cette année sa place prééminente parmi les manifestations dédiées à la musique et au multimédia. La présence française à Austin s'est affirmée cette année encore. D'abord par un rendez vous musical de qualité ou une vingtaine de groupes français soutenus par le Consulat de France à Houston et le Bureau Export avaient fait le déplacement. Ensuite sur le plan politique et culturel par la venue d'une forte délégation de la région angevine qui est venue appuyer le jumelage Angers-Austin.
1) Le festival SXSW
Le festival South by SouthWest (SXSW) a été créé en 1987 comme festival musical. Il s’est progressivement enrichi en s’adjoignant en 1994 une partie interactive, puis une partie film. Il constitue actuellement l’un des principaux festivals de musique aux Etats-Unis et a considérablement contribué à la renommée de la scène musicale d’Austin. Il est surtout l’un des lieux essentiels de rencontre et d’échanges de toutes les industries de la communication interactive, même si cette manifestation demeure encore largement américaine : seuls 10 % des participants étaient internationaux en 2011.
L’édition 2012 s’est déroulée du 9 au 18 mars. Elle a une fois de plus rencontré un énorme succès et a attiré, en dépit d'un temps maussade, une foule estimée à 200.000 participants.
La seule partie interactive a réuni plus de 30.000 personnes pendant 5 jours, venues prendre le pouls des nouvelles tendances numériques, avec 3000 conférences réparties dans des centaines d'espaces du centre ville d'Austin. Les sujets sont aussi variés que le futur de la télévision, la géo-localisation, les moyens de paiement ou le transmédia. Outre les projections, la partie film permet aux nouvelles générations de cinéastes de rencontrer les acteurs plus établis de la création indépendante. Notons que Les Chansons d’Amour de Christophe Honoré était programmé au line up du festival cette année. Lou Reed a ouvert la partie musicale du festival qui regroupait cette année, plus de 1700 groupes venus du monde entier.
SWSX représente aujourd’hui l’une des principales opportunités pour les start-ups de la communication de présenter leurs produits et d’accéder à une notoriété immédiate. On peut rappeler ainsi que c’est au cours de l’édition 2007 de ce festival que Twitter a pu se faire connaître. Les nouveaux réseaux sociaux, issus du croisement entre réseaux sociaux et géo-localisation, apparaissaient en vedette de l’édition 2012, à l’image de la start-up Highlight, application géo-localisée qui s’appuie sur les données de Facebook.
2) La participation française
La participation française à SXSW était répartie en plusieurs pôles :
- Un pôle de nature plutôt politique, avec le déplacement de délégations venues de plusieurs villes et régions françaises comme Angers, Bordeaux ou l’île de France. La délégation de la ville d’Angers emmenée par le Président de la communauté d’agglomération Angers Loire Métropole, Mr Jean Claude Antonini fut la plus importante. Angers est jumelée avec Austin et la ville avait choisi cette occasion pour venir réaffirmer ses liens de partenariat. Cela a donné lieu à une rencontre à l’hôtel de ville avec le maire d’Austin, M. Lee Lefingwell ainsi qu’à diverses réunions de nature plus technique. Sous le label Angers Loire Valley, la ville d’Angers disposait d’un stand imposant au Convention Center décoré par l’artiste texane Madda Sayeg ce qui lui a valu un beau succès. Angers a pu s’imposer comme véritable porte d’entrée culturelle et économique en France.
- La présence d’un certain nombre de sociétés dans le domaine du multimédia et des applications interactives (telles que la société e-worky, spécialisée dans le partage des espaces de travail physiques), plutôt dispersées avec un certain nombre de stands de petite taille au sein de cette très vaste manifestation. Au total, une quinzaine d’entreprises avaient fait le déplacement, dont 7 pour la seule région angevine.
- Une présence culturelle : une vingtaine de groupes français avait fait le déplacement, dont trois groupes de musique d’Austin (parmi lesquels Zenzile et Anoraak). Les concerts ont rencontré un succès certain, avec plusieurs milliers de spectateurs au total. Angers-Loire Valley s'était cette année associé au Bureau Export pour offrir deux réceptions aux participants intéressés par les possibilités d'échanges musicaux franco-américains.
Patrice VANONI et Fréderic BONTEMS
Festival GlobalFest 2012 à New York
Date: 20/01/2012
[caption id="attachment_8820" align="alignright" width="230" caption="GlobalFest 2012"]
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Le festival GlobalFest (Musique du monde) a de nouveau reçu un accueil public et presse exceptionnel. Co-initié par les services culturels de l’Ambassade de France aux Etats-Unis et des producteurs new-yorkais il y a 8 ans, cet événement est devenu un rendez-vous incontournable pour les professionnels nord-américains participants à la conférence annuelle de l’APAP (Association of Performing Arts Presenters) et le public new-yorkais.
Le GlobalFest s’est déroulé le dimanche 8 janvier dans les trois salles du Webster Hall. 12 artistes du monde entier étaient invités cette année dont 5 groupes francophones : le groupe de Bélo (Haïti) que les Services Culturels de l’Ambassade de France avait déjà soutenu suite au tremblement de terre, la chanteuse Mayra Andrade (Cap Vert et France), le groupe franco-malien SMOD (qui a pour chanteur le fils du duo Amadou et Mariam), le musicien chinois Wang Li (refugié à Paris depuis une dizaine d'années), et la chanteuse française ZAZ. Les autres artistes présents venaient d'Italie, d'Ethiopie, du Brésil, de Colombie, d'Irlande, d'Israël et des Etats-Unis.
Le festival a de nouveau affiché complet, 1 600 personnes dont environ 500 programmateurs professionnels. Les retours dans les médias américains (presse écrite et radios) ont été très importants. A noter de grands articles dont celui du New York Times le 10 janvier et plusieurs émissions de radio dont la National Public Radio (NPR) ou encore la grande radio new-yorkaise WNYC.
Emmanuel Morlet
Jeux Vidéo
Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis
Date: 15/05/2012
[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"]
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Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne.
Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années.
Modèles de distribution utilisés :
Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010.
La console de jeu vidéo
La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer.
La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live.
Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console.
Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés
Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année.
Les boîtiers
Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur.
Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002).
Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes.
Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées :
La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ».
Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet.
Conclusion :
Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015.
D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé.
Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près.
Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu.
Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.
Géraldine Durand
Industrie du jeu vidéo au Canada – chiffres 2011
Date: 09/05/2012
[caption id="attachment_9166" align="alignright" width="230" caption="Entertainement Software Association of Canada (ESAC)"]
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Comptant 348 entreprises pour 16.000 emplois (32.000 aux Etats-Unis), le Canada occupe la troisième position mondiale dans le domaine de l'industrie du jeu vidéo. Le secteur connaît une forte croissance (+11% entre 2009 et 2011, projection de +17% entre 2012 et 2014), alors que son impact direct sur l'économie canadienne est estimé à 1,7 milliard de dollars.
L'Entertainement Software Association of Canada (ESAC), qui fédère l'ensemble des acteurs concernés, a publié un rapport sur l'industrie du jeu vidéo présentant les faits et chiffres liés au secteur du jeu vidéo au Canada en 2011.
1- les clés de ce succès économique canadien
Le succès dans ce domaine résulte d'un environnement économique vertueux formé par des formations universitaires et technologiques de haut niveau, un soutien public significatif au niveau provincial et fédéral unissant l'ensemble des ministères concernés, et une politique d'attractivité agressive à l'égard de la concurrence internationale, visant à attirer les meilleurs développeurs et entreprises sur le sol canadien par des mesures incitatives.
Ainsi, 60% des entreprises du secteur ont déclaré avoir recruté de nouveaux diplômés en 2011, 77% envisagent de poursuivre leur recrutement jusqu'en 2013. Le salaire moyen des personnes employées dans le secteur du jeu vidéo s'élève à 62.000 $ CAN, soit le double du salaire moyen de l'ensemble du secteur privé au Canada.
Les ventes directes totalisent 1,7 milliard de $, réparties comme suit:
- ventes de jeux pour console: 886M $ CAN
- ventes de jeux pour PC: 79M $ CAN
- ventes d'ordinateurs et consoles: 513M $ CAN
- ventes de produits périphériques: 279M $ CAN
65% des jeux sont achetés dans le commerce de détail, 35% acquis par téléchargement (pour un volume d'affaires de 41M $ CAN).
Il est à relever que plusieurs produits commercialisés par des éditeurs français ou éditeurs nord-américains à capitaux français figurent aux premières places des ventes en 2010/2011 (1ère et 2nde position pour deux jeux Activision, 5ème position pour un jeu Ubisoft).
2- Structure et tendances
Le secteur se compose d'entreprises de tailles diverses. La grande majorité d'entre elles sont de petite, voire de très petite taille (6 à 50 employés: 43% des entreprises; 1 à 5 employés: 29%). 28% des entreprises emploient entre 50 et 150 personnes -les entreprises de plus de 150 personnes représentant 12% du total.
Les deux dernières années ont été marquées par des stratégies de rapprochement ou de diversification des activités en raison des évolutions rapides des plateformes technologiques comme de la consommation : si l'industrie canadienne reste majoritairement concentrée sur le jeu vidéo classique (jeux pour console), de nouveaux types ont récemment fait leur apparition qui impriment une nouvelle orientation aux investissements comme à l'activité: jeux en ligne et jeux sociaux, jeux pour les téléphones mobiles et tablettes numériques, services de "cloud gaming", nouveaux produits et services destinés aux consoles de jeu (VOD, films en streaming, portails interactifs dédiés au jeu en réseau, navigation sur les réseaux sociaux) sont considérés désormais comme des vecteurs majeurs de croissance - les jeux pour réseaux sociaux et téléphones mobiles présentant l'avantage d'un coût de développement moindre : 96 jours de développement et un budget de production compris entre 2.000 $ et 3,2M $ CAN pour un jeu pour mobile contre 380 jours et un budget de 150.000 $ à 30M $ CAN pour un jeu classique. En 2011, 2% des ressources étaient dédiées au jeu en réseau, 7% au jeu pour téléphone portable.
La domination de la part du jeu vidéo "classique" dans l'activité canadienne s'explique par le volume d'investissements qui lui sont consacrés par un nombre comparativement restreint d'entreprises. Enfin, la plupart d'entre elles diversifient leur production sur l'ensemble des supports mentionnés.
3- Répartition géographique de l'activité en 2011
La répartition de l'activité sur le territoire canadien n'a pas connu d'inflexion majeure au cours des deux dernières années, trois provinces dominant nettement le secteur :
- Le Québec est le siège des plus importantes entreprises, qui concentre 70% d'entre elles et plus de la moitié des emplois. Les dépenses du secteur sont estimées à 733M $ CAN, le taux de croissance moyen est de 13%, la croissance estimée à 16% en 2012/2013. L'activité se concentre essentiellement sur le jeu vidéo pour consoles (72%). Depuis plusieurs années, une grande partie des jeux dits AAA, équivalents vidéo-ludiques des superproductions de Hollywood, sont produits dans cette province.
- L'Ontario présente un autre profil: s'il est doté d'un plus grand nombre d'entreprises que le Québec (96 contre 86), celles-ci sont de moindre taille (27 employés/entreprise contre 95 pour le Québec, pour un total de 2.600 emplois). 30% des micro-entreprises et des petites entreprises canadiennes sont ainsi concentrées dans cette province. Leur taille réduite est considérée désormais comme un avantage concurrentiel, qui se traduit par une croissance moyenne de 20%, et une croissance estimée, pour 2012/2013, à 21% - taux le plus important au Canada.
La structure d'activité est également très différente de celle du Québec, puisqu'elle est dédiée pour de 50% des dépenses totales (238M $ CAN) aux nouvelles tendances observées préalablement.
- La Colombie-Britannique est le troisième acteur du secteur au Canada. D'une structure industrielle intermédiaire (3882 employés, 83 entreprises, dépenses estimées à 393 M $ CAN), elle génère de moindres profits (croissance moyenne nulle) mais les observateurs s'accordent à penser que cette province possède suffisamment d'atouts pour développer son activité dans les deux prochaines années (croissance estimée à 10% en 2012/2013).
- Viennent, à la suite, l'Alberta (30 entreprises), le Manitoba (19 entreprises) et les Provinces Atlantiques (33 entreprises), leur paysage, si ce n'est pour l'Alberta, étant essentiellement composé de très petites compagnies.
4 - L'adoption du budget fédéral 2012 risque toutefois de porter ombrage à la réussite canadienne dans le secteur
Le gouvernement Harper a en effet décidé de réduire les aides fiscales dans le domaine de la recherche et développement (de 20 à 15%). Les grandes sociétés étrangères de jeu vidéo, qui ont massivement investi dans le pays grâce à ses aides fiscales, seront touchées par ces mesures qui prévoient par ailleurs l'exclusion du calcul de l'assiette, à l'horizon 2014, des dépenses en "hardware", ainsi que la réduction de la part des salaires (de 65 à 55%), et la diminution de la déduction de la R&D réalisée par les sous-traitants (de 100% à 80%). Le régime fiscal d'un pays comme les Etats-Unis deviendrait immanquablement plus attractif, ce qui pourrait inciter les entreprises étrangères à relocaliser leurs activités vers ce pays. Le milieu professionnel a très mal réagi à ces annonces gouvernementales, qui privent le Canada d'un avantage compétitif certain.
Thomas MICHELON
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