Téléphonie

Hollywood aime le “tout petit écran”, pas les annonceurs

Date: 28/05/2007

Warner Bros vient de diffuser une mini-série sur téléphone mobile de 6 épisodes consacrée à l’un des personnages de sa série TV culte « Smallville » : The Green Arrow. C’était un moyen pour Warner de raconter une histoire complémentaire qui n’aurait jamais pu voir le jour dans la série principale. Mais tandis que les mobisodes prennent un certain essor en terme de popularité, les annonceurs se font discrets puisque seul Sprint, dans le cadre de son accord global avec cette série, était sponsor.

Depuis deux ans et les tentatives de Fox Mobile et MTV Networks, l’ensemble des acteurs de la profession développe des projets éditoriaux autour de ce média. Mais les annonceurs refusent de les suivre et d’abandonner les médias traditionnels.

En 2006, près de 421 millions de dollars ont été dépensé en achat d’espaces sur téléphone mobile selon eMarketer.

Une goutte d’eau en comparaison des 48 milliards de la télévision traditionnelle.

De nombreux professionnels à Hollywood comptent sur le iPhone de Apple qui sera lancé cet été pour changer la donne compte tenu de sa facilité d’utilisation.

Les studios continuent leurs essais néanmoins et 20th Century Fox, producteur de « Borat » en novembre dernier, a lancé à l’automne un film de 12 minutes avec les meilleurs moments du film. Ces mobisodes sont même si populaires que les studios les développent comme s’ils avaient des débouchés publicitaires. Des études sont même réalisées afin de pouvoir augmenter la qualité des téléchargements et le nombre d’opérateurs sur des programmes comme Live Free or Die Hard ou la suite des 4 Fantastiques qui sortiront en salle cet été.

Les chaînes de télévision, elles-aussi, se mettent à la page et se lancent dans l’adaptation des programmes et les spectateurs qui ne peuvent se passer d’American Idol peuvent télécharger les essais des perdants le jour de la diffusion en sus.

Près de 30 heures de programmes ont ainsi été fabriquées par Viacom sur l’ensemble de ses chaînes (MTV, VH1…)

Sony Pitcures Television prévoit de créer ses propres produits spécialement pour le téléphone portable qui voit ces programmes comme des outils pour favoriser le lancement des séries et autres émissions.

Un paramètre pourrait mettre dans l’embarras ces projets s’ils devenaient à être considéré comme de vrais programmes et non de simples outils promotionnels : le statut des auteurs, réalisateurs, scénaristes. Non rémunérés dans le cadre de la création de matériel publicitaire, ils le deviendraient s’il s’agissait de vrais programmes. Une des solutions consiste à remplacer les acteurs par des « doublures » ou en les créant en animation. Mais ces questions demeurent actuellement en suspens et certaines associations tentent de calculer quel bénéfice financier en terme publicitaire les studios en retirent. De difficiles négociations se profilent…

Olivier Daube


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